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9 octobre 2008 4 09 /10 /octobre /2008 14:18
Non, ce n'est pas une note sur Jacques Brel. Manquerait plus que ça, oh! Oui, ça fait 30 ans qu'il est mort. Mais il est pas le seul. Et puis il était belge quand même. Pire, bien que bruxellois, il se réclamait d'origine et d'un tempérament flamand. Le fils de bourgeois qui a émigré vers des contrées plus riches. Le héros des pas beaux qui voudraient réussir aussi. Le grand cheval maigre et vomissant des scènes d'Europe. Le poète des bars à bière, et le père fouettard des femmes infidèles qui n'ont pas fini de s'essuyer. C'est trop facile, grand Jacques, de faire semblant. De se réclamer anti-bourgeois quand on finit enterré à côté de Gauguin, sur une île paradisiaque. Qu'on vend ses possessions pour plus d'un million d'euros. Et même pas il nous aurait apporté des bonbons, rien. Et après, ça vient nous faire des grandes leçons. C'est facile de dire que la bêtise, c'est de la paresse. Ou d'aller chercher des perles de pluie venues de pays où il ne pleut pas. A force de piels, y en a beaucoup qui y arrivent.

Et puis d'abord, elles sont où, les ripailles de l'enterrement? Et les chansons du paradis qui nous promettaient d'être beaux (et cons, certes, mais beaux)? Et l'inaccessible étoile qu'on doit atteindre, hein? Même les 3 faisans, on ne les trouve plus, même pour montrer son cul. C'est pas faute d'avoir cherché. Et les flamandes se font mollissantes.

Non, il vaut mieux célébrer un anniversaire tout au moins aussi important, si ce n'est plus. Une révolution de l'entertainment. Trente années de fun. Aujourd'hui, paraît que c'est les 30 ans du slime. Ouais, le même jour que la mort du Jacques. De là à dire qu'il serait réincarné, je ne crois pas, mais la coincidence est troublante. En tout cas, parait que c'est facile à faire, j'ai même trouvé la recette et tout. Et avec lui au moins, j'arrive à faire l'ombre de ma main. Alors poupoune, le Jacques. Tu vas encore donner de sales idées à Florent Pagny.
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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 15:09
Au cas où vous l'ignoriez, aujourd'hui, c'est grève générale en Belgique. Celle du genre qui vous paralyse un pays tout entier. Celle qui, à Paris, prendrait des allures de catastrophe nationale. Faut dire que là-bas, on habite rarement près de son boulot et on n'a pas encore pensé à équiper tous les ingénieurs d'ordinateurs portables pour les asservir à domicile. En tout cas, en dehors de toute considération politico-sociale, j'aime bien la grève. En tout cas, en Belgique.


L'avantage du pays, c'est que les gens font ce qu'ils disent. La grève est prévue pour aujourd'hui. Il y a peu de chance qu'elle déborde jusqu'à demain. Alors qu'en France par exemple, emportée par l'enthousiasme d'une mobilisation peu attendue, elle s'étire souvent. Non, ici, on se croise les bras, oui, mais dans le temps qu'on a dit. Sans doute l'effet d'une syndicalisation bien plus marquée qu'en France. Du coup, les gens sont bien préparés et malgré le désagrément, ils font avec, sans stress et sans soucis.
Pour ma part, c'est le pied. L'entreprise pour laquelle je bosse a des bureaux bruxellois. C'est pas faute d'avoir demandé ma mutation ici, mais ce n'est pas à l'ordre du jour. Sauf les jours de grève. Du coup, j'ai pu venir tranquillement au bureau à pied ce matin, même si habituellement, j'aurai pris un tram pour ça. Les bureaux sont neufs, il n'y a personne ou presque. Et je me suis rendu compte que je pouvais partir de chez moi 2h plus tard que d'habitude. Et je ne vous parle même pas de ce midi où j'ai pu aller tester une baraque à frite chez qui je n'étais encore jamais passé. Ah ben si tiens, je vous en parle. Même si leurs moustaches écrues par le soleil cachaient mal les origines ibériques des 3 générations de femmes tenant le fritkot, y a pas à dire, elles savent faire des frites.

Alors la grève, les gars, c'est quand vous voulez. Et même si je ne pouvais pas me déplacer dans ces bureaux bruxellois, je prends aussi. Je dois pouvoir bosser un minimum de chez moi. Au pire, contrairement à ces ingénieurs belges qui se servent de leurs gros revenus comme excuse au non-débrayage, ça ne me dérange pas de perdre une journée de salaire. J'ai encore des friteries à visiter.
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1 octobre 2008 3 01 /10 /octobre /2008 14:19
Le mot du jour, c'est philanthropie. Enfin, c'était plutôt le mot d'hier, et surtout en Belgique en fait. C'est vrai qu'en France, on le connait nettement moins, mais bon. Hier était donc la journée de la philanthropie. En gros, c'était le bon jour pour se demander si on ne serait pas un peu privilégié et s'il serait pas un peu temps d'en faire profiter les autres. Genre partager ma pralinoise? Avec le mal que j'ai à m'en procurer? Pas facile.

Alors bon, j'entends déjà les français se plaindre que oui, la France est une terre généreuse, que c'est quand même eux qui ont inventé Médecins sans frontière, tout ça, tout ça. N'empêche que le belge, il l'est encore plus. Et c'est pas moi qui le dit, hein. Le belge est partageur. C'est peut-être parce qu'il est plus taxé. Ou parce qu'il se rend compte que la vie n'est pas toujours facile. Surtout avec des accès web qui, en moyenne, sont plutôt à 4Mo et avec des quotas de téléchargement. Enfin bref, il se rend que la solidarité, ça pourrait bien être utile. Et du coup, il commence par donner l'exemple. Même qu'ils me donnent des sous pour tra... venir au bureau chez eux, c'est dire. Et même aux riches ils donnent. Parce que même quand on maîtrise l'humour absurde et le non-sens, on voit bien qu'un banquier à découvert, c'est triste.

Alors je dis, soutenons cette solidarité et devenez tous philanthropes. Parce qu'on peut toujours donner plus. Et qu'après 2 jours de philanthropie intense le week-end dernier durant lesquels j'ai quasiment pas eu le temps d'aller aux toilettes, je me rends compte que le bureau me fait chier. Alors envoyez moi vos sioux. Plein.
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8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 16:06
On le savait, l'indépendantisme a des fans en Belgique. Souvent en Flandre, c'est vrai, mais il paraît que 20% des francophones songent de plus en plus à un rattachement de la Wallonie à la France. La seule chose qu'on peut saluer dans ces histoires, c'est que ça ne se traduit jamais de manière violente. La Belgique n'a pas encore son E.T.A. et c'est déjà pas mal. En général, ça reste juste bête et méchant.

Le week-end dernier se tenait donc le traditionnel Gordel. Avant d'expliquer ce que c'est, il faut savoir que la région bruxelloise (traduisez "la ville de Bruxelles") est une enclave dans la région flamande. Bon, à son point le plus fin, il ne doit y avoir qu'une bande flamande d'une vingtaine de kilomètre séparant Bruxelles de la Wallonie, mais la ville reste encerclée. Le Gordel (traduisez "ceinture") est donc une manifestation annuelle typiquement flamande. Voire flamingante (traduisez "nationaliste flamand"). Il s'agit d'une course cycliste qui s'amuse à faire le tour de Bruxelles tout en restant en Flandre. En gros, les nationalistes défilent en jaune et noir (traduisez "les couleurs de la Flandre") et pissent autour de tout ce qu'ils aimeraient être à eux. Il y a longtemps que l'aspect sportif est passé au second plan et les chefs de parti "nationaliste" (traduisez "pour l'indépendance de la Flandre") n'hésitent pas pour participer.
Alors depuis des années, du côté des wallons et des bruxellois (traduisez "Bruxelles ne fait pas partie de la Wallonie" (c'est pour les français qui font constamment l'erreur)), on s'amuse à perturber gentiment le Gordel, en mettant des punaises sur la route ou en volant des panneaux de direction. Encore cette année d'ailleurs. Mais vu la situation de l'unité nationale, d'autres ont décidé de faire plus. C'est pour ça qu'en même temps que "la ceinture", cette année, on a eu aussi droit à la bretelle (traduisez "la bretelle"). En gros, c'est comme les autres, sauf que c'est à l'intérieur de Bruxelles, et un peu aussi dans les communes à facilité (traduisez "communes de la périphérie bruxelloise en Flandre,  à majorité francophone et disposant de facilités administratives à cet égard").

En gros, on a un concours de domination (traduisez "de celui qui pissera le plus loin ")  autour de la ville, prévu désormais chaque année. Le pire étant qu'ils peuvent effectivement se croiser dans les communes à facilité. De là à ce qu'ils en arrivent à se pisser dessus, on est qu'à deux pas, soit le franchissement de la frontière linguistique. Alors qu'il est tellement simple de régler le problème. Si vous avez peur de baisser vos frocs les gars, il existe des solutions. Comme ça:

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5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 10:37
Ah il est fort, ce Michel Daerden. En plus d'être le ministre belge le plus connu du monde ou presque pour ses prouesses vinicoles, j'avais entendu dire qu'il était un des ministres les plus efficaces dans le travail. Et il le prouve encore aujourd'hui. Ou en tout cas, son ministère. Une belle leçon à suivre.

Alors voilà, quand vous avez peu de sous chaque année mais que vous voulez réduire les morts sur la route, comment vous faites? Facile, vous achetez ce que vous pouvez pour la prévention, au fur et à mesure et après, on économise pour l'étape suivante. Une méthode somme toute logique et qui a déjà fait ses preuves, y compris chez les ménagères de plus de 60 ans. A l'équipement belge, on a en tout cas choisi de faire comme ça. En l'an 2000, les radars étaient chers, le budget limité, mais il fallait faire quelque chose pour la sécurité routière. Alors on  n'a pris que ce qu'on pouvait s'offrir en attendant. Des boitiers de radars ont donc été installés, vides, sur les autoroutes de Wallonie. Comme de toute façon, il en faut pour protéger le matériel, et qu'ils ont un impact dissuasif de par leur seule présence, c'était plutôt pas mal vu.
Mais c'est cette année que le ministère en charge sort son deuxième effet kiss cool. Après quelques années d'économies, il est enfin temps de mettre les radars en place. Sauf que voilà, petit soucis. Il semblerait que les boitiers soient trop pitits pour accueillir les engins. Autrement dit, il va falloir en mettre des nouveaux. Et c'est là que c'est beau. Parce que bon, ce serait quand même bête de virer ces boites qui font ralentir des gens pour en mettre une pleine à la place. Non, tu laisses les vides, tu mets des pleines et là, les Schumarer du dimanche ne savent plus où ils en sont. Et hop! des pv qui remplissent les caisses des inattentifs. Et hop! réduction drastique du nombre de morts sur la route.



Ah vraiment, il est fort, Michel. C'est juste dommage qu'il ait pas prévu plus tôt le coût des nouveaux abri-radars. Comme quoi, être alcoolique n'est pas toujours une fatalité.
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22 août 2008 5 22 /08 /août /2008 15:04
Décidément, il n'y a pas de place pour la morale dans ce monde. C'en est limite honteux. Et pour une fois qu'un état essaye de faire des choses biens, on le brime. Parfaitement. Aujourd'hui, il est temps de le dire à la face du monde, la Belgique est opprimée. Oh, pas avec des blagues carambars comme à l'habitude, non. Plus grave. Et tout ça pour quoi? Parce que la Belgique boycotte les J.O..

Alors j'en vois déjà soulever un sourcil soupçonneux sur mes propos. Mais oui, la Belgique boycotte les J.O., parfaitement. C'est d'ailleurs très courageux de leur part. Oui, ils ont envoyé un prince à la cérémonie d'ouverture. Oui, ils ont aussi des athlètes sur place. Mais c'est quand même la seule contrée occidentale qui refuse de revenir de Beijing avec une médaille. Si ça c'est pas de la belle solidarité avec le Tibet, ça. Parce que bon, ailleurs, on s'offusque, on s'offusque, mais on est bien content quand un représentant national rapporte une galette chinoise autour du cou. Et le Tibet dans ce cas là, on l'oublie. On est même content de l'avoir battu comme les autres. Et bien messieurs, dames, pas de ça en Belgique. On est intègre et ça se voit.
Et du coup, le pays se fait punir. C'est bien beau d'afficher des convictions, d'être honorable, tout ça, mais même si tout le monde applaudit, le revers du baton n'est jamais loin. Et ça commence par un été pourri avec des pointes basses à 12°, le matin. Alors qu'on espérait une canicule pour évacuer le trop plein de vieux, non seulement ils sont toujours plus nombreux, mais on a ressorti les sweats. Mais il y a pire encore.
Le monopoly version monde vient de dévoiler les villes qui représenteront désormais les étapes du jeu, et comme par hasard, Bruxelles a été ignorée. C'est pourtant la capitale de l'Europe. Mais non. On y retrouve une petite station balnéaire polonaise, mais pas de belge sur le plateau. Alors j'entends déjà les collabos venir me dire qu'on avait qu'a voté un peu plus pour Bruxelles. Mais déjà, il fallait le savoir . Et ensuite, on sait ce que ça donne, les votes pour le Monopoly, hein. Elle est où, Montcuq, sur le plateau français?

Non je vous le dis, être digne aujourd'hui, ça n'apporte que des soucis.

Ah? On m'informe que la Belgique viendrait de céder à la pression capitaliste qui l'assaille et viendrait de remporter une médaille olympique.

Décidément, tout se perd.
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18 août 2008 1 18 /08 /août /2008 16:15
En Belgique, c'est la crise. Depuis quelques temps, c'est la débacle dans les rues. Surtout à Bruxelles mais aussi dans les communes alentour. Rien que cette semaine, le vandalisme (n'ayons pas peur des mots) a touché la pitite commune de Lennik. Et ça fait deux jours que ça dure. Les terroristes (non non, n'ayons vraiment pas peur des mots) agissent de nuit et chaque matin, c'est un choc pour toute la communauté: ils ont accroché des drapeaux belges devant la maison communale.


Alors que la commune fait bien partie du Brabant flamand, ces sauvageons viennent nuitamment décrocher les drapeaux jaunes au lion pour y mettre le tricolore à la place. Vous vous rendez compte? En Flandre, au XXième siècle, on tombe encore sur des nationalistes. Tout comme les bretons avec leur Gwenn ha du ou les corses avec leur maure, ils viennent essayer d'imposer leur minorité au pays. Et bien sur, tout ça sous couvert de l'anonymat et de la nuit, période propice aux activités interlopes.
Pourtant, le bourgmestre est vaillant et fait preuve d'autorité face à toute cette délinquance. Il continue envers et contre tout à faire décrocher les drapeaux honnis chaque matin pour rétablir la juste place du jaune et noir. Bien sur, les plus tatillons relèveront le fait qu'une circulaire royale donne droit aux indigents, mais vous savez ce que c'est, les nationalistes cherchent toujours à tirer parti du système contre lui-même. En tout cas, il est bon de voir qu'il y ait des hommes pour dire non, avant qu'ils en viennent à mettre des bombes.

Vous allez voir que si ça continue, ils vont réclamer la création d'un pays. Avec une monnaie, un drapeau, un hymne propre et tout. Et tout ça aux frais du contribuable, bien sur. On se demande pourquoi on paie des impots. Déjà qu'ils se décomplexent de plus en plus et affichent sans vergogne leur symbole à leurs fenêtres. C'est vraiment moche à notre époque. Même sous cette forme:




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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 15:37
Quand je suis arrivé en Belgique, on m'a appris (et ça se confirme assez vite) qu'il n'y a que deux choses qui réussissent à réunir inconditionnellement les belges du nord et ceux du sud (ceux de l'est sont compris dans ceux du sud en général): la frite et le football. Dans la joie pour la frite et la défaite pour le foot. Ben oui, le foot belge n'est pas très glorieux ces dernières années. Mais il réussit encore à rassembler les communautés linguistique du pays autour de lui. Jusqu'à maintenant.



Dernièrement, les belges du nord sont venus avec une nouvelle idée. Rien de méchant, rien de grave, bien sur. En gros, il s'agirait de couper en deux l'union de foot belge au niveau amateur. Chaque communauté paie pour ses clubs de D3 et moins. Pour l'instant, rien ne change pour la D1 et la D2. Mais c'est maintenant géré par 2 associations au lieu d'une seule. Un premier pas vers une scission sportive en gros.
Et on demande aux bruxellois de choisir un camp. Un peu comme une Jerusalem du nord, Bruxelles est un terrain frontière entre les communautés. Région indépendante, elle est tiraillée entre sa population à majorité francophone et son statut d'enclave en région flamande. Et là, la ligue flamande demande aux clubs de la capitale de choisir une communauté, tout en avançant son gros budget. Faire le choix que la politique a toujours évité.

En gros, on vient de créer une grosse faille dans l'unité belge, déjà pas forcément glorieuse. Après la pression économique et politique, la pression sportive. Celle qui risque peut-être de faire le plus de mal. Celle de l'engouement et du spectacle. Enfin, spectacle, ça reste du foot belge, tout est relatif. Mais quand même. Il ne reste plus que l'association de frituristes belges comme dernier bastion national, et non pas communautaire. Je ne sais pas si ça suffira. J'ai peur.
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18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 16:51
Damned, j'ai du retard. Avec mes malheureuses 7h par nuit, je suis un peu la ramasse. En même temps, je comprends mieux pourquoi ils sont détendus du gland, à l'aise Blaise. Bon, la bière doit jouer aussi. Et la télé bien sur. Quand on a ses chaînes nationales et celles d'autres pays en plus, ça doit bien assomer. Parait que les belges font des nuits de 9h en moyenne. Pas étonnant que les magasins ouvrent à 10h pour fermer à 18. Pas étonnant que l'administration communale n'ouvre ses portes que 2 demi-journées par semaine. Mais au moins, ça fait des gens gentils.

Bon, faut que m'intègre. J'ai du sommeil à rattraper. Bonne nuit, les gens.
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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 15:37
Peut-être que c'est l'ouverture prochaine du musée qui m'a donné envie. Peut-être le temps variable, entre clair et gris (gris chiné, quoi). Ou tout simplement ce besoin d'aller profiter de l'attente inévitable, propre aux services postaux de tout pays civilisé qui se respecte. Aujourd'hui, je suis sorti pour aller manger des frites.

Après avoir donc pu jouir de cette formidable machine à avancer dans le temps que sont les bureaux des joyaux messagers timbrés, je suis donc reparti en découverte de Charleroi. La faim aux talons et un manque d'envie de rentrer immédiatement au bureau m'ont poussé vers les friteries. Enfin, le fritkot. On m'avait déjà rencardé sur l'endroit et j'avais vaguement oublié. C'est en approchant du centre, en voyant les étals du marché que l'information reprit vie dans les méandres de mes intestins. Comme il parait que l'attente rend toujours le plaisir meilleur, et que la raison prend un peu l'ascendant sur moi ces derniers temps, je décidais d'aller flaner avant de croquer. Apparement, les vacances sont finies. Il y a plein de pitits dans les rues et les caniveaux sont pleins. Mon appétit culturel et ma soif consommatrice calmés par une bonne dose d'abstinence, je me dirigeais enfin vers l'artisan frituriste, dont on m'avait vanté les mérites.
Il n'est là que pour les jours de marché, et il ne fait même pas de mitraillettes. Juste des sandwiches ou des cornets de frite. Mais puisque je suis venu pour la sainte patate, et même si j'ai peur du trop peu, je me décide pour la portion. Et l'homme se met à l'ouvrage, maîtrisant sa double cuisson, généreux dans les feuilles qui forment le cornet, abondant dans la sauce faite maison mais néanmoins méticuleux pour éviter la noyage du plat. On sent l'expert. Et me voilà parti, avec mon cornet, dans les rues pleines d'ados à la recherche d'un sandwich et autres biki. Et c'est vrai. C'était succulent. Un véritable artiste que ce frituriste.

Ce midi, à me perdre dans les rues sombres du pays noir, grouillantes de vie collégienne, avec mon cornet et la drache douce qui tombait doucement sur mon aéroport à mouches, je me suis senti un pitit peu belge. J'aime bien.
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