De tout temps, le vieux a été un élément de régulation économique. Si si. Première cible à attaquer quand t'as faim. Si t'en as trop, t'attends la canicule ou tu construit des bancs au milieu des
ronds-points. Et si t'as pas assez de jeunes, tu apprends à l'ancêtre Internet et la carte bleue. En gros, un vieux, ça fait rien et ça sert à tout, surtout à lui prendre de l'argent. Mais il
parait qu'ils commenceraient à se rebeller.

Le vieux refuserait sa place dans la société. En particulier, une vieille.
Janet Lane, qu'elle s'appelle.
Anglaise en plus. Janet attendait donc tranquillement une amie sur un banc, dans un square. Une activité totalement propre aux vieux, qui permet de protéger les bancs des chiures de pigeon, tout en
donnant de l'audience aux vendeurs de boites de chocolat. Et comme c'est la crise, elle transportait toute sa retraite en liquide dans son sac. Là encore, on pourra remarquer que c'est assez
habituel du vieux, qui préfère toujours son sac, son matelas ou la litière du chat pour cacher ses économies. C'est là où ils sont généralement bien pratique comme distributeur.
Arrivent donc deux jeunes. Et comme tout jeune digne de ce nom, en manque d'argent. C'est que ça coute cher, les cours de tektonik, enfin surtout le gel et le biactol. Ils décident donc d'appliquer
cet usage bien établi qu'est le braquage à l'arrachée de la vieille, sport sponsorisé par les fabricants de hanche en plastique. Sauf que voilà, Janet s'est rebellée. Forte d'un passé de championne
de Cross Country, elle s'est soudain levée avant de commencer à poursuivre les innocents dépositaires de la tradition séculaire. Et non seulement, elle les poursuit, mais elle les rattrape. A 68
ans. On ne peut vraiment plus faire confiance à personne.
Du coup, ça fait deux jeunes qui ne participeront pas à l'économie cet hiver. Comment voulez-vous qu'on se sorte de la crise dans ces conditions? Parce que bon, le jeune, il consomme grave des
trucs cheros. Alors que la vieille, elle, qu'est-ce qu'elle va acheter? Une pelle pour enterrer son magot? Merci bien. Heureusement que l'industrie de la prothèse envisage déjà d'autres voies pour
épuiser ces vieux qui ne s'acceptent pas:

Si avec ça, on sauve pas l'économie, je vois pas ce qui pourra le faire.
Commentaires