Armé d'une douce mais cruelle fatigue, j'avance tel le gastéropode moyen. Pas que mes membres soient gourds ou autre, il s'agit juste d'un manque de sommeil. Mes jambes ne me pèsent pas. Il n'y a que ma tête qui a du mal à se tenir. Loin de moi l'idée de me plaindre (bien au contraire), je constate juste que je n'avance pas très vite. Ce qui est assez étrange quand le corps va (à priori) bien.
Mais bon, apparement, la fatigue, même uniquement mentale, fait tourner le monde au ralenti. Peut-être un mécanisme de sauvegarde pour éviter d'aller se blesser. Nos neurones s'accordent plus de temps pour éviter qu'on ne sucre les frites ou ce genre de bêtise. La machine humaine est quand même bien faite. Mais dans ce cas, je me dis que Steve Austin (pas le catcheur, l'autre) doit être super fatigué. Pendant des années, on a cru que sa course au ralenti, rythmée au shununununun, était le summum des effets spéciaux. Montrer la super-vitesse en ralentissant l'image, quel génie, quel chatoiement. Sauf que pas du tout.
En fait, le Steve, il a couté 3 milliards et il est juste super fatigué. Vous me direz, au cours du dollar actuel, on s'en tire à bon compte, mais à l'époque, c'était quand même une somme. Surtout pour pratiquer une résurrection. Le faire revenir pour qu'il renaisse fatigué, c'était bien la peine. Au moins Robocop, il ménage pas ses efforts, lui. Est-ce parce qu'il espérait qu'en revenant la vie, il aurait le droit au deuxième tour via un utérus? L'histoire ne le dit pas. Mais apparement, il a quand même hérité d'un super-pouvoir. S'il est bien super lent et filmé à vitesse réelle, il réussit quand même à ralentir les gens encore plus que lui. En gros, je crois qu'on peut dire que l'homme qui valait 3 milliards était un peu le remake étazunien de Derrick. Il plonge les gens dans une super léthargie ce qui lui permet de les rattraper, tout en courant au ralenti (et ça, c'est pas facile déjà). Mais bon, comme ils font toujours les choses en grand aux usa, ils ont pas pu s'empêcher d'aller coller du bionique dedans. Ce sont vraiment de grands enfants.