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L'aire de rien

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Sur le bord du canal...

Peut-être que c'est l'ouverture prochaine du musée qui m'a donné envie. Peut-être le temps variable, entre clair et gris (gris chiné, quoi). Ou tout simplement ce besoin d'aller profiter de l'attente inévitable, propre aux services postaux de tout pays civilisé qui se respecte. Aujourd'hui, je suis sorti pour aller manger des frites.

Après avoir donc pu jouir de cette formidable machine à avancer dans le temps que sont les bureaux des joyaux messagers timbrés, je suis donc reparti en découverte de Charleroi. La faim aux talons et un manque d'envie de rentrer immédiatement au bureau m'ont poussé vers les friteries. Enfin, le fritkot. On m'avait déjà rencardé sur l'endroit et j'avais vaguement oublié. C'est en approchant du centre, en voyant les étals du marché que l'information reprit vie dans les méandres de mes intestins. Comme il parait que l'attente rend toujours le plaisir meilleur, et que la raison prend un peu l'ascendant sur moi ces derniers temps, je décidais d'aller flaner avant de croquer. Apparement, les vacances sont finies. Il y a plein de pitits dans les rues et les caniveaux sont pleins. Mon appétit culturel et ma soif consommatrice calmés par une bonne dose d'abstinence, je me dirigeais enfin vers l'artisan frituriste, dont on m'avait vanté les mérites.
Il n'est là que pour les jours de marché, et il ne fait même pas de mitraillettes. Juste des sandwiches ou des cornets de frite. Mais puisque je suis venu pour la sainte patate, et même si j'ai peur du trop peu, je me décide pour la portion. Et l'homme se met à l'ouvrage, maîtrisant sa double cuisson, généreux dans les feuilles qui forment le cornet, abondant dans la sauce faite maison mais néanmoins méticuleux pour éviter la noyage du plat. On sent l'expert. Et me voilà parti, avec mon cornet, dans les rues pleines d'ados à la recherche d'un sandwich et autres biki. Et c'est vrai. C'était succulent. Un véritable artiste que ce frituriste.

Ce midi, à me perdre dans les rues sombres du pays noir, grouillantes de vie collégienne, avec mon cornet et la drache douce qui tombait doucement sur mon aéroport à mouches, je me suis senti un pitit peu belge. J'aime bien.
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C
agota> t'es gentille, mais je suis a pied moi hein >)mimi> sur le marché, derriere le mcdohemylie> c'est pas moi, j'ai rien fait
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H
tu te débrouilles toujours pour me donner faim, c'est pas possible ça ! Ici si on veut des bonnes frites faut les faire soi-même, trop injuste !
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M
...je crois que ça n'existe pas, la drache douce!Sinon, c'est où, ton fritier?
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A
Aaah, la douce sensation de la frite carolo par une journée pluvieuse... Faut aller chez Robert (oui, je sais, ils s'appellent tous Robert) : près du Palais des expos, avant le viaduc. Gzzz.
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