L'aire de rien
Je ne m'étais jamais rendu compte à quel point c'est hypocrite, une soirée électorale. Alors que les médias belges balançaient les première estimations dès 18h30, je me suis amusé à regarder ramer les présentateurs des chaînes françaises qui savent mais ne peuvent rien dire et il faut donc meubler. C'est là qu'on se dit qu'un petit stage d'improvisation avant ce genre de soirée, ce serait peut-être pas du luxe. Enfin bon, à 20h, le résultat est tombé: Nicolas Sarkozy contre Ségolène Royal au prochain tour.
Bon, tout comme les déclarations de gens qui préparent déjà leurs départs à l'étranger (comme à chaque élection), ce n'est pas vraiment une grosse surprise. La notion de "vote utile" a fonctionné à plein. Surtout pour Ségolène en fait. Ce qui m'amène à penser que si le résultat du second tour est forcément indécis, quel qu'il soit, elle n'aura pas vraiment une influence dessus. Au premier tour, j'entendais hier soir que Ségolène a profité beaucoup du vote des jeunes, les 18-24 ans qui ne pouvaient pas voter en 2002. Et sur la télé belge, on annonce que 52% des gens qui votaient Ségolène (j'ai pas retenu si c'était à Bruxelles ou ailleurs) déclaraient que ce n'était pas leur candidate favorite mais qu'ils voulaient qu'elle soit présente au second tour. Un "vote utile" donc. Contre Jean-Marie Le Pen. Le même "vote utile", appelé par les fans de Nicolas Sarkozy, convaincus par tous les sondages que ce sera plus facile de gagner contre elle.
Et maintenant, c'est de lui que va dépendre l'élection. Présenté comme un Le Pen light par certains, comme le messie par d'autres, tout ne dépend presque plus que de lui. Une élection se joue malheureusement aussi au niveau personnalité et hier, alors que Sarkozy délivrait un discours fluide, spontané et enthousiaste, Royal endormissait tout le monde avec un discours retravaillé, mais néanmoins mal dit. Au niveau orateur, elle ne fait pas le poids. Elle pourrait se battre sur le projet, mais là encore, il y en a peu pour le lire, à part les déjà convaincus. Ce qui va jouer maintenant, c'est être pour ou contre Nicolas Sarkozy. A vrai dire, peu importe qu'il s'agisse de Ségolène Royal ou d'un autre. Même Arlette abandonne son habituel appel au vote blanc pour se rallier au camp contre. Un appel au "vote utile" encore. Mais contre Nicolas Sarkozy cette fois.
Ce matin, un média belge annonçait déjà un résultat de second tour en faveur du nain. Pour ma part, je l'ai déjà dit ici, je ne voterai pas pour Nicolas Sarkozy. Reste à savoir si ma peur de ce dernier me poussera plus vers celle que je considère comme la Christine Boutin de gauche que vers le vote blanc. Paraitrait que le choix pour le second tour devrait être plus simple. C'est pas gagné.