L'aire de rien
Il paraît que le monde est grand. Et l'univers encore plus.
Il paraît qu'au bout de la route, il y a une ville. Et puis une nouvelle route, et encore de nouvelles villes. Jusqu'à l'océan.
Il paraît que la Terre ne me sent pas. Avec ma taille de chiure d'année-lumière et mon poids de pet de lune, elle ne saurait même pas que j'existe.
Il paraît que le vent court plus vite que je ne pourrai jamais et que la pluie pleure plus que je ne pourrai jamais boire.
Il paraît que les arbres perdront plus de feuilles dans leur vie que moi de cheveux.
Il paraît que je suis fait de poussières d'étoile et que je n'ai pas plus d'énergie qu'un caillou de Pluton qui n'est même plus une planète.
Peut-être que tout ça est vrai. N'empêche qu'avec une seule main, je cache le soleil. Et toc.