L'aire de rien
Si un jour, on m'avait dit que j'apprecierai un lundi au travail, je ne l'aurai pas cru. D'ailleurs, j'ai toujours du mal à le croire. Et pourtant, il est arrivé, ce jour béni. Pas le lundi au soleil non, mais le lundi, c'est fini. Fini madame Nasco. Elle vient de quitter le bureau à l'instant, et je dois dire qu'on verse tous notre petite larme de bonheur. Ca lui fait plaisir parce qu'elle comprend pas, et à nous aussi.
Presque deux ans, j'ai tenu là. Bon, au tout départ, on n'était pas dans le même bureau. Je trainais souvent dans le sien qui était surtout celui de l'équipe, mais je ne me rendais pas bien compte, jusqu'à ce que je squatte plus régulièrement. Et je crois que j'ai rarement vu mieux (façon de parler) au niveau incompétence et vent brassé. Du coup, la dernière année a été dure. Et longue. C'est pour ça que quand elle nous a confirmé ce matin qu'elle quittait le bureau, c'était presque inespéré. En plus, pas de déménageur pour elle (refus de son boss, apparement) donc elle a du tout bouger elle même. Et pour courroner le tout, sa nouvelle coupe de cheveux est ratée. Je sais, je sais, sur le physique, c'est bas, mais aujourd'hui, c'est tellement bon. Et puis c'est quand même la dernière fois, alors je me permets. Je ne m'attendais même pas à ce que ce soit fait dans la journée, mais ça y est, nous sommes délivrés. Halleluia!
Là, elle vient d'embarquer ses affaires. Elle a pris l'écran 19 pouces qu'elle avait réclamé, son casier (qui normalement va avec le bureau), sa chaise. Elle a tout mis dans un gros carton. Elle a quand même fait 3, 4 allez-retours pour être sur de rien oublier. Elle a failli laisser la photo de son fils, ce qui aurait été louche, vu qu'il y a quelqu'un d'autre à sa place maintenant. Et ça y est, elle est partie. Oh que je l'aime ce lundi de délivrance.