L'aire de rien
Après avoir gambadé tout l'été, il va être temps pour les ours d'hiberner. C'est les paysans des pyrénées qui vont être contents.
Tout l'été, l'ours s'est promené. Il a vu ses amis (un peu), il a mangé (beaucoup). Il s'est frotté un peu partout et a marqué son territoire. Il a joyeusement dévoré la brebis et violé la femme de Monsieur Seguin, à moins que ce ne soit l'inverse. Il a répandu ses poils dans les bois, tranquille, sûr de lui. Il a chassé le saumon et le touriste, à qui on avait pourtant dit de ne pas nourrir les animaux. Il a même posé pour les photos des magazines animaliers, et essayé de fuir les paparazzis à la solde de Jean-Pierre Pernaud. Sur un coup de chance, il a même réussi à jouer au foot avec des momes qui avaient du trop regarder Bouba. Et puis l'automne est arrivé. Il a commencé à faire froid. Les jours ont raccourci. Il était temps de faire du gras et à songer sérieusement à aménager douillettement sa grotte pour passer l'hiver à dormir.
Seulement voilà, il faut toujours qu'il y ait des pénibles qui viennent faire chier l'ours à ce moment là pour le faire bosser. Et l'hibernation, ça vous dit rien? Vous regardez jamais les documentaires animaliers, ne serait-ce que pour voir des êtres qui se la donnent de temps en temps? Parce que bon, ok, c'est grace à vous que l'ours finance sa turne, mais il y a certaines contraintes biologiques qu'il faudrait pas oublier non plus. Alors l'ours aimable, gentil et calin, a appris à rester courtois en toute circonstance, mais là, va pas trop falloir lui briser menu quand même. C'est vrai quoi, laissez faire un peu la nature, bordel.