L'aire de rien
J'ai longtemps cru qu'à force de connaître les gens, on finissait par les aimer. Que ça permettait de mieux comprendre ce qu'on leur trouve comme défaut, et de passer outre. Et je pensais que ça pouvait être valable avec n'importe qui, même le pire des salopards. Qu'au fond du fond, en grattant bien, on pouvait toujours trouver une explication qui faisait qu'on pardonne et qu'on apprécie la personne.
Ahlala, j'étais bien jeune et innocent. Depuis, j'ai rencontré madame Nasco et d'autres gens qui m'ont fait déchanter. C'est peut-être pour ça que je ne cherche pas plus à connaître les gens, par peur de ne pas les aimer. Ou plutôt l'inverse. Il y a des gens qui me dégoutent à un point que ça me ferait un petit peu mal au cul de leur trouver des excuses. Oui, je sais, c'est du mauvais esprit. Il faut aller vers l'autre, s'ouvrir à l'inconnu, aimer son prochain, partager et tendre l'autre joue, bla bla bla... Mais en fait non, rien à battre. J'ai beau avoir pris comme pseudo jesus_numerique pendant un temps (y a longtemps quand même), il y en a avec qui c'est pas possible. Je crois que je préfère détester l'humanité dans sa généralité et n'avoir que de bonnes surprises quand certains arrivent à se laisser connaître.
Aujourd'hui, ça va mieux. Je suis bien content d'être asocial (en tout cas aujourd'hui), de vraiment connaître peu de gens et d'aimer ceux là et de ne plus faire attention aux autres. Ce week-end, je dois voir plein de monde. Je préviens tout de suite, c'est pas la peine de me demander mes bons coins à charcutaille, le partage avec les inconnus, c'est fini. Ou alors, faudra être convaincant et vous faire connaître à coup de kinders.