L'aire de rien
J'ai toujours été super pas chanceux. Oh, pas la grosse malchance qui fait que vous passez votre vite à l'hosto, que vous finissez clodo ou que vous naissez dans une famille de militants frontistes. Non, juste une petite scoumoune mais persistante. Le genre qui met du retard dans tout. Surtout quand ça vous arrange le moins.
Ce week-end, je devais donc récupérer mon pc portable tout neuf, qu'il est beau et que c'était l'affaire de l'année. Tout content, j'ouvre le carton et je commence à attraper les papiers expliquant comment démarrer rapidement, même si j'en n'ai pas vraiment besoin. Pour démarrer rapidement, 2 étapes: Brancher le cordon d'alimentation. Allumer sur le bouton On. Ouais, super c'est facile. Ah ben tiens, l'étape 2 fonctionne pas. Le genre de truc dont je sais pour l'avoir déjà expérimenté ailleurs, que c'est du à un rien du tout, un clips mal fixé, un fil mal enfoncé ou un truc du genre. Sauf que là, c'est vente par correspondance, retour à l'atelier à Montpellier, tout ça. Et donc, je n'aurai probablement la possibilité de faire joujou avec mon nouveau pc avant un bon mois, vu comme c'est parti. C'est reparti pour un tour de poisse à retard. D'habitude, j'y ai systématiquement droit quand j'arrive à une caisse de magasin ou que je dois prendre un train, alors là, ça change. Mais c'est pas plus agréable pour autant.
Il parait que ce qui ne tue pas rend plus fort. Ah ben c'est sur que je n'ai pas eu d'autre choix que d'apprendre la patience. Mais bon, ça tue mon sens du caprice et ma spontanéité, si j'en ai eu une, un jour. Et j'ai aussi peur du jour où je craquerai et que je mangerai le gens qui prend part à mon retard (pauvre caissière). Désormais, quand je dois prendre un train pour aller choper un avion, ou que je suis attendu quelque part, je prends de l'avance. Et je fais bien puisque le train que je veux prendre est systématiquement en retard, voire annulé. Je ne m'étonnes plus des arrêts sur voie systématiques des trains que je prends, quand je suis attendu (mon train quotidien ne l'est jamais, sauf si je me dépêche pour pouvoir le prendre, bien sur). Vivement la retraite tiens. Encore qu'avec ma chance, elle sera sans doute en retard aussi.