L'aire de rien
Un des trucs que j'ai remarqué en Belgique, c'est que les gens ont de la mémoire. Oh, pas le genre de mémoire qui vous fait rappeler que vous avez bien fermé le gaz avant de partir. Non, plutôt une mémoire collective. Je ne sais pas si c'est la bière qui active cette zone du cerveau. Ou si c'est parce qu'ils passent régulièrement les jt de 20 ans auparavant à la télé. En tout cas, ils se souviennent.
Par exemple, ils se souviennent qu'aujourd'hui, c'est le cinquantième anniversaire de cet incendie dans une mine de Marcinelle. C'est le plus grand accident industriel survenu en Belgique, et en plus c'est un accident minier. Forcément, 262 morts, ça marque. Mais c'est un évènement qui a quand même 50 ans. En France, à part sans doute au niveau local, j'ai pas remarqué qu'on commémorait les torrents de boue de Vaison-la-romaine, les attentats dans le métro parisien, ni même l'explosion de l'usine AZF. Ce sont pourtant des catastrophes plus proches de nous. Ici, leur catastrophe, elle fait une édition spéciale sur les medias nationaux. Ca ne leur permet pas d'éviter les problèmes pour autant (par exemple, il n'existe pas de plan global en Belgique pour savoir où sont enterrées les différentes canalisations) mais ça aide sans doute à être plus prudent. Et moins bête.
A côté de ça, c'est aussi l'anniversaire du sida aujourd'hui. Apparement, ça fait 25 ans qu'on a diagnostiqué (ce qui ne veut pas dire que la maladie n'existait pas avant ça) pour la première fois le virus. Un quart de siècle pendant lequel, en plus de tuer des gens, il nous a collé une bonne dose de racisme, d'homophobie et autres peurs à la con. C'est la fête donc. Je crois qu'il va être sérieusement temps de penser à un héphéméride des bonnes nouvelles, parce que la mémoire, ça fait mal des fois.