Quelle belle invention que les expulsions. Celles où on te ramène à l'étranger hein, il faut voir grand dans la vie. Pour certains, c'est toujours l'occasion d'un baptême de l'air. Enfin, au moins dans un fauteuil, ça change du train d'atterrissage. Ou du ferry, pour les corses.
Pour d'autres, c'est une forme de dépaysement. Bon, il y a bien sur un individu menotté à surveiller, et c'est pas facile quand on n'est que 3 pour l'escorte et qu'on n'a qu'une matraque chacun. Mais une fois le colis livré aux autorités étrangères (parlent même pas français, la plupart, si c'est pas malheureux), il y a quand même un peu de temps pour visiter l'aéroport local. S'agirait pas de sortir de là non plus, le badge ne couvre plus rien à l'étranger. Toujours est-il qu'en dehors de tout ce tourisme aéroportuaire, les expulsions sont un bon moyen de préparer ses vacances, quand on est au service de la nation.
Déjà, on voit plein de coins où on n'ira pas en vacances. Surtout si on n'est pas payé pour ça. Il est quand même dommage qu'on n'expulse pas plus de canadien ou de suédois. Mais surtout,
on se fait un petit pécule en miles. On n'a beau travailler en voyageant (ou l'inverse), ça reste un voyage à l'étranger et tant que tel, il n'y a pas de raison que la carte de fidélité (gold, svp) ne brille pas. Une sorte d'avantage en nature, en quelque sorte. Ou une nouvelle expression de travailler plus (loin) pour gagner plus.
Alors on a beau dire, mais les expulsions, ça a aussi du bon. Grace à ce système ingénieux, nos assermentés volants n'auront bientôt plus à réclamer le maintien de leur prime de vacances. Ou pas. Vivement le remboursement kilométrique pour les patrouilles en ville.