"Vite, allume la télé sur France 5". C'est grosso-merdo le sms que j'ai reçu ce week-end, me permettant de découvrir ce formidable documentaire dont je viens de piquer le titre. Enfin les universitaires se penchent sur ce mets universel. Enfin on reconnait la patate à sa juste valeur. Ce week-end, je me suis culturé. Le champ de patates, bien sur.
Apprenez donc, lecteurs avides d'informations sur le plat sacré, que la pomme de terre nous vient des Andes. Dans ce pays lointain et escarpé, ils n'ont qu'un grand lac au nom rigolo et des cailloux. C'est assez misérable. Mais à côté de ça, ils ont 500 espèces de patates, au moins. C'est beau. J'ai appris qu'on doit la mondialisation du précieux tubercule aux espagnols et aux anglais. Paraitrait même que mes concitoyens auraient essayé de résister à son arrivée, considérée comme trop populaire. D'un côté, je comprends qu'on se méfie d'un produit arrivant par l'Angleterre, mais il ne faudra pas se demander pourquoi j'ai quitté le pays depuis.
Après tout cet arrière-plan culturel essentiel, il est temps de parler de la frite. Il semblerait donc que la première patate jeté dans l'huile est sans doute due à une espagnole. Les historiens ne sont pas tous d'accord là-dessus. Ce ne serait pas spécialement étonnant, avec leur habitude de la friture et de l'huile partout. Mais bon, ça n'en fait pas une frite pour autant. La frite, la vraie, la seule, l'unique, il semblerait qu'elle est bien belge. Les sciences humaines confirment ce que tout le monde savait déjà: merci la Belgique! Et le reste du monde commence à avoir un peu de respect pour le premier art belge. Il suffit de voir cette friterie belge qui s'est installée à Paris (metro Parmentier (forcément)). Et même cette japonaise qui a obtenu son diplome de frituriste en Belgique et qui va exporter son savoir-faire dans son pays natal.
L'union des frituristes belges est une des rares institution à ne pas être divisée en sections linguistiques au niveau national. Un musée de la frite se monte actuellement à Bruges. La frite est fédératrice. La frite est culturelle. La frite sera un jour étudiée à l'université. La frite est mondiale. Elle est croustillante et dorée grace à sa double cuisson à 2 températures différentes. La frite est grande. On ne la mérite pas. On est des merdes. Vive la frite libre (et belge)!