L'aire de rien
Se promener dans NY, ça peut être un coup à choper des phobies. On est au pays du gigantisme, de l'excès, de l'outrance, alors forcément, les réactions à tout ça sont également excessives. Même si on met un peu de temps à s'en rendre compte. Ca a été un peu ça, pour moi, par rapport aux batiments.
Ce qui caractérise Manhattan, ce sont, bien sur, les gratte-ciels. Ca doit d'ailleurs à cela qu'on repère tout de suite les touristes: ce sont ceux qui s'arretent et qui lèvent la tête souvent. Faut dire qu'il y a de quoi faire.
Dans l'ordre: la Trump Tower (enfin, une des Trump Tower, Donald en a plein), le Flat Iron et les Nations Unies.
Je sais pas si ça le fait aussi par photo, mais en vrai, quand on est entouré constamment de ce genre de trucs, ça commence à impressionner. Et bizarrement, plutôt que de donner un sentiment d'oppression (les avenues sont suffisament larges pour éviter ça), ça donne plutôt le vertige. Au niveau de la mer, c'est quand même pas banal. Une sorte de vertige inversé, peut-être. La distance entre le sol et les pics fait toujours peur, mais dans l'autre sens. Alors on essaye un peu de s'enfermer, de se distraire, mais même dans les malls, impossible d'y échapper:
Alors comme dirait l'autre, quand on arrive à cerner le problème, quand on comprend ce malaise qui commence à s'installer, il faut combattre le mal par le mal. Face your fear, pee into the wind! Une seule échappatoire, il faut grimper. Et pour ça, quoi de mieux que l'Empire State Building:
Ah ouais, c'est haut quand même. C'est pas pour rien que l'état de NY est surnommé l'Empire State. Bon ben quand faut y aller, faut y aller. Coup de bol: il n'y avait quasi personne dans les files d'attente. A 19h, ça fait bizarre quand même. Deux ascenceurs plus tard, on arrive en haut. Et là, y a pas à chier, c'est beau. Une de mes co-voyageuses aurait pu y rester quelques heures. D'ici, on les apprécie bien, les buildings.
Même en se penchant (pas trop quand même), les batiments redeviennent supportables.
Et si on se laisse pousser par le vent en regardant bien vers le bas plutôt que d'admirer les horizons de béton, on arrive rapidement à se remettre le vertige en place. Avec une peur vers le bas. Une petite. Une qui ne suffira pas à vous faire regretter d'être monté, mais qui vous dirigera quand même doucement vers la sortie. Et vous laissera avec l'appréciation de ces paysages finalement assez uniques.