L'aire de rien
J'aime bien parfois me raccrocher à certains points de repères monumentaux. Je me souviens que durant le temps que j'ai passé au pied de la capitale française, je ne suis quasiment jamais allé voir la tour Eiffel de près. Pourtant, à chaque fois que je prenais le métro pour aller dans Paris, j'aimais bien la voir de loin. Ca a un côté rassurant. Et puis, elle est assez belle à regarder, surtout la nuit.
Depuis que je suis ici, je m'accroche à deux choses: le gigantesque palais de justice bruxellois et la butte au lion de Waterloo. Si le palais de justice a beaucoup de côtés mystérieux, c'est surtout le lion auquel j'aime bien m'accrocher. Déjà, parce que je l'oublie parfois avant de l'apercevoir depuis le train. Pourtant, il n'est pas toujours visible, vu qu'il est quand même assez loin des voies. Il faut qu'il fasse clair pour le voir dépasser du panorama. Je sais bien qu'il symbolise une défaite française (en même temps, les batailles militaires, c'est pas le genre de trucs dont on peut vraiment s'enorgueillir) mais je l'aime bien. Il trône en haut de sa colline artificielle et ressort de l'horizon.
Sauf que voila, une nouvelle fois, on nous ment, on nous spolie. De même que la tour Eiffel, contrairement à ce que son éclairage pourrait laisser penser, n'est pas un phare breton qui se serait perdu, le lion de Waterloo n'est en fait pas vraiment à Waterloo. On peut même dire que Waterloo est assez dépouillée par rapport aux vestiges de la bataille qui porte son nom. En effet, le lion est en fait à Braine-l'Alleud. Quant au champ de bataille, il est séparé entre Braine-l'Alleud, Genappe, Plancenoit et quand même un peu Waterloo. Encore une belle falsification géographique, ah ben bravo.
Si ça continue comme ça, on va bientôt m'apprendre que le modèle de la statue de la liberté n'est pas française et qu'elle n'est pas nue sous sa toge. Ou que la Silicon Valley ne se trouve pas à proximité de Malibu (ah Mamella courant sur la plage en maillot de bain rouge...). Vraiment, il serait temps que justice se fasse et que l'Histoire reprenne ses droits sur les entités communales. Sinon, j'irai faire une imitation du Manneken Pis à Moncul, histoire de pisser à la raie de la géographie des monuments.