L'aire de rien
Aujourd'hui, c'est la journée mondiale de l'eau. On devrait peut-être préciser de l'eau potable d'ailleurs. Ce trésor que nous, pauvres petits bourgeois gatés occidentaux, considérons trop souvent comme naturel et acquis, manque en fait à plus d'un milliard de gens dans le monde. Vous me direz, ils ont qu'à acheter une bonne bouteille de Vittel, et on n'en parle plus. Seulement voila, le pauvre est un peu con et préfère souffrir la langue pendante en plein soleil.
N'empêche qu'il est temps de prendre des mesures, même chez nous. Surtout chez nous en fait. Pourtant, certains font déjà des efforts. Mais ce n'est pas facile tous les jours. Mademoiselle N., éleveuse à Viry-Chatillon, témoigne: "Oh ben non, ce n'est pas facile tous les jours. Moi, dans le but d'économiser l'eau, j'ai décidé d'élever mon kiki uniquement à la bière. En plus, ça lui fait un poil luisant et toutes ces céréales, c'est bon pour la croissance (encore que là, je me demande si on ne m'aurait pas menti). Mais bon, pour conserver une alimentation équilibrée, je suis parfois obligé de faire quelques mélanges. Et là, c'est le drame. Enfin surtout le lendemain, quand les pets au casque apparaissent. Forcément, ça augmente notre consommation d'aspegic, et donc d'eau. On a bien essayé de plonger les effervescents dans du Caca-Cola, pour éviter l'eau, mais ça en foutait partout.".
A côté de ça, on constate également que la technologie peut être source de problème. Avec le progrès, on n'est pas aidé. Mademoiselle T., artiste à Paris: "Bah oui, avec le progrès, on n'est pas aidé. Depuis qu'on a une Wii à la maison, on a besoin de s'hydrater plus qu'avant. C'est sudatoire, tout ce sport d'intérieur. Et comme j'ai choisi une carrière de pauvre, je n'ai pas les moyens de m'offrir de la manzana tous les jours. Alors pour faire passer mon déjeuner de cailloux, je tourne à l'eau de pluie."
Nos compatriotes expatriés constatent les mêmes manques à l'étranger. Monsieur M., pigiste en Georgie on his mind, fait état d'eau minérale à base de marc de raisin. Quant à monsieur C., touriste pétrolier au Qatar, il est obligé de revenir régulièrement en France pour prendre un bain géant en plein air.
Des témoignages poignants qui nous montrent la catastrophe vers laquelle le monde court. Il est vraiment temps d'agir. On envoie déjà Nicolas Hulot en Belgique, je pense qu'il y a moyen d'aller plus loin. Il va être temps d'interdire le Ricard. Si!