L'aire de rien
Aahhhh, les concours de beauté. Toutes ces ambassadrices de la paix dans le monde. La précision du chignon soigneusement posé sur la choucroute. L'excitation fébrile des spectateurs dans l'attente du défilé en bikini. La douce candeur, pour ne pas dire bravitude, des candidates. Leurs combats contre la famine, la pauvreté et pour l'écologie. Ah non tiens, pas l'écologie.
En tout cas, pas pour ce concours russe, chargé d'élire Miss Atome 2007. En Russie, ils ont tellement de jolies filles qu'ils sont obligés de faire des sous-catégoriques très compartimentées. C'est comme ça qu'ils se retrouvent avec un concours de la plus belle femme travaillant dans le secteur nucléaire. Elles peuvent être étudiantes, chercheuses ou travailler en centrale, mais faut que ce soit nucléaire. Bon, évidement, pour les chignons, c'est moins évident, encore que la perruque se coiffe plutôt bien. Et les brulures de radiations, ça fait bizarre lors des défilés en maillots, mais on s'y fait. Parait que le concours existe depuis 2004. Et on se prend soudain à regretter que de tels évènements n'aient pas eu lieu sous l'ère soviétique. Ahhhh miss Tchernobyl. Ses tenues étaient toujours choisies avec goût. Elles lui allaient comme un gant. Littéralement. Avec ses 3 bras, et ses deux jambes, on l'appelait Lulu la Main chaude, le fantasme des branleurs de l'union.
Décidément, il était temps que quelqu'un renouvelle le concept de concours de beauté. Et pour une fois, le vent du changement vient de la Russie. Les adeptes de la chimio ont enfin trouvé leur voie. C'est vraiment bien de penser aux malades. Après avoir couplé l'élection avec le Téléthon pendant des années, je crois qu'il va être temps de penser à un partenariat.