L'aire de rien
Oui, je sais. Il y en a qui auraient beaucoup à dire avec un titre pareil (je ne donne pas de nom, la liste est trop longue), mais là, je vais juste parler de ma main gauche. Je me suis toujours cru polio de la main gauche, tant je m'en sers peu. Je ne sais pas manger avec. Je n'arrive pas à tenir mon rasoir avec, ni à me brosser les dents. Bref, tenir autre chose q'une manette relève de l'exploit. Et pourtant.
Depuis ce matin, je me passe de ma main gauche, qui porte pourtant bien son nom. Ben c'est pas facile. Déjà, je me rends compte que j'avance nettement moins vite. Et je ne parle même pas de taper sur mon clavier. Le docteur a dit de garder le bras en écharpe, je respecte. Surtout le premier jour, puisqu'il m'a dit que le platre met 24h à sécher. Demain, on verra. En tout cas, je me rends compte à quel point c'est indispensable, au moins comme appui. Impossible de soulever le plateau de la cantine plombé par la mayo. Difficile de fermer ma veste, même avec ma bonne main. Et j'imagine d'avance la galère quand je voudrai manger un peu solide. Déjà que les toilettes deviennent une vraie aventure. J'ai abandonné le challenge de la pissotière à une main, je n'ai aucune fringue de rechange avec moi. Ou alors, il faudra que je me fasse greffer des doigts. Faut que j'achète un jogging.
En tout cas, je crois que la magazine télé va morfler ce soir. Je ne sais même pas encore comment je réussirai à me laver demain sans transformer ma salle de bain en Aqualand. Surtout que je ne dois pas mouiller le platre et donc faire fi de mes réflexes (si si, il m'en reste), ça va être gai. Non, pas gay, je n'abuserai pas des mes invités à ce point. Je savais bien que j'aurai du inviter une célibataire dans le tas.