L'aire de rien
Dans ma mission précédente, en région parisienne, je mettais une heure en bus (à peu près hein) pour aller au travail. Aujourd'hui, je mets une heure en train pour rejoindre mon bureau. Et même si les deux sont des transports en commun, il m'arrive de regretter un peu le bus.
Ahhh le bus. Le sport que ça nous fait faire, quand le chauffeur a une conduite un peu sportive et les pédales faciles. Je me rappelle de ces visages familiers, alors que dans le train, c'est surtout sur les quais que tu les croises, un peu moins dans les wagons. L'habitude de prendre la même place, quand c'est possible. Dans le train, c'est tellement plus grand que tu te mets là où tu veux. Le fait de rester parfois debout. S'accrocher, transpirer sur la barre, respirer près des gens. Je me souviens de cette jeune fille, probablement étudiante, qui avait fait un malaise. Je me souviens de cette dame un peu excentrique qui essayait de taper la discut' avec les gens autour d'elle avant de se recevoir un "qu'est-ce tu m'veux?! Tu me laches, ok?!" un peu violent. De cette personne se plaignant qu'un jeune fumait du shit alors qu'elle avait de l'asthme. De cette promiscuité avec une jolie blonde, malheureusement habillée en versaillaise, un jour de bus bondé. Du fou du bus d'à peu près 8h qui encourageait l'engin de ses "fooooooonnce" à répétition, qui faisait flipper les gens autour de lui et qui descendait en gratifiant le véhicule d'un "c'est bien pépère, t'as bien gazé aujourd'hui".
Et puis finalement, je me dis que c'est pas plus mal de prendre le train, vu que t'as toujours plein de places assises, plein de compartiments si les gens de celui où tu es te plaisent pas, pas mal de jolies filles qui passent dans les allées en se cherchant une place. Bon, c'est sur, niveau promiscuité, c'est moins drole mais au moins, on craint pas les détournements. Ca m'évitera au moins de tomber sur Keanu Reeves, c'est déjà ça.