L'aire de rien
Comme tous les matins de bureau, j'attrape un journal gratuit (comprenez: recueil de dépêches AFP) en passant par la gare (y en a pas tous les jours en été). Et il y a un truc qui me turlupine dans ce genre de publication, c'est qu'on se rend rapidement compte que dans les dépêches, tout est ramené à la dimension économique. Du genre "il y a 15 millions de morts, et ça va couter tant". Bon, d'un côté, c'est rigolo parce qu'on voit le truc sans artifice. Mais ça fait peur quand même.
Ce matin, ça parlait de la volonté de quitter le célibat chez les britanniques. Je remercie d'ailleurs l'à-propos des Jackson 5 pour être tombés dans mes esgourdes via le lecteur mp3 au moment de lire l'article, histoire de me filer un titre sympa. Donc, les célibataires britanniques, comme beaucoup dans le monde apparement (mais pas tous) souhaitent ne plus vivre seuls. Et ça coûte de l'argent. Plein. Apparement, en moyenne, un célibataire britannique moyen dépensera dans les 2500 euros/an pour s'en sortir. Là dedans, y a déjà environ 900 euros pour les 6 premiers rencards. Et les mecs dépenseraient environ 2 à 3 fois plus que les nanas au début de leur relation. Décidément, la romance coûte cher de nos jours, surtout niveau poésie. Difficile "d'élargir le cercle de ses relations" quand on est pauvre. En tout cas, c'est beau de voir que la romance a encore de beaux jours devant elle, surtout dans le journalisme.
Mais comme les auteurs de dépêches ne sont pas non plus des personnes aux coeurs de pierre et aux portefeuilles bondissants, ils ont laissé une autre petite place pour donner des chiffres, mais pas des sommes. Ainsi, je sais maintenant que ce sont les sud-coréens qui se réjouissent la rondelle le plus souvent par semaine (4 fois), en moyenne bien sur. Les anglais sont les pros mondiaux des préliminaires (17min) et les mexicains explosent tout niveau durée (20 min, toujours en moyenne donc). Enfin, on apprend sans grande surprise que les italiens sont les plus vantards en pensant satisfaire leurs partenaires à tous les coups à 60%. Ahhh la poésie des sondages... Qu'on ressuscite Georges Brassens, vite!