L'aire de rien
Je crois qu'on peut me qualifier de pur droitier. Autant, j'ai déjà croisé des gauchers, contrariés ou pas, des droitiers "normaux", autant, je suis le seul exemple que je connaisse de pur droitier. A part sur un clavier, je ne me sers quasiment que de ma main droite. Même pour manger, je suis totalement polio de la gauche. Contrairement à des droitiers "normaux", mon pied d'appel est également le droit. Et je me sers essentiellement de mon hémisphère de cerveau gauche. Ben oui, c'est l'hémisphère gauche qui controle la partie droite du corps, enfin il me semble. C'est aussi, et surtout, l'hémisphère qui gère tout ce qui est logique et raisonnement. Le cerveau droit gère plus particulièrement l'émotionnel, le ressenti. Et j'ai plutôt tendance, aussi bien dans mon boulot que dans ma vie, à essayer de raisonner.
Du coup, je crois qu'on peut dire que je ne suis pas un mec très sensible. J'ai tendance à trop analyser, à ne pas être assez dans l'émotion, à toujours chercher la logique, à contre-balancer, à relativiser. Du coup, on m'a déjà signalé que je n'ai aucun sens artistique. J'ai du mal avec l'absurde. Je crois que je peux également être qualifié de rabat-joie. D'un autre côté, être terre-à-terre a aussi des avantages. Enfin bon, tout ça pour dire que dernièrement, je ne dors pas assez et j'ai l'impression que mon hémisphère gauche prend tout l'abrutissement pour laisser l'éveil au droit.
Du coup, je m'observe (oui, c'est à ce point là) faire des trucs bizarres. Je fais des phrases bizarres sans trop de sens mais qui ont l'air de couler bien (je m'abstiendrais ici, c'est encore le matin, j'arrive encore à lire ce que j'écris (enfin j'espère)). Je commence à me souvenir de bribes de rêves. D'habitude, mon sommeil est plutot un coma profond dont je ressors sans rien. Ca me fait tout drole. Je commence à parler aux gens. Ca chamboule mon quotidien et je suis pas sur de savoir si j'aime bien ou pas. Mon habitude de la froide logique (plein de trous, certes, mais logique interne quand même) se retrouve bousculer par la fatigue et la sortie d'hibernation d'une partie de cerveau qui n'attendait que ça pour se manifester. Même le ridicule m'impressione moins. Entre le confort et la nouveauté, ma tête balance.