L'aire de rien
Il y a des jours où je voudrais tout casser chez moi, où je voudrais partir loin et me terrer. Pleurer peut-être un peu, oublier beaucoup, laisser décanter les choses, classer, jeter, détruire et oublier encore.
Il y a des jours où j’en ai gros sur le cœur sans raison et la raison effritée, où j’ai le spleen tatoué au cœur et la gerbe aux lèvres.
C’est comme ça, ça vient sans crier gare et ça repart pareil.
Je le sais c’est souvent quand tout va bien que, pan je m’en mets une derrière la nuque, que je tourne et retourne mes idées noires, que je creuse et creuse plus de six pieds sous terre.
C’est comme mes crises d’angoisse que j’arrive désormais à maitriser, je les sens venir, les ressens, elles montent, je crois étouffer, mourir et non finalement ce n’était rien. Fausse alerte, tout le monde descend.
En attendant, ça cogite ferme, ça ressasse, ça « et si je », « et si je n’avais pas », « et pourquoi moi », ça essaie d’imaginer d’autres histoires, de voir ce qui aurait pu/dû et qui n’est pas. Ca brasse, ça contreproductivise et ça recule, ça nostalgise et finalement ça réécrit l’histoire.
Et persuadée que plus je suis au fond, plus haut je remonterai, je coule encore plus, je me noie dans mes souvenirs et dans mes actes manqués. Et, des fois, je reprends ma respiration pour redescendre encore plus bas dans le mal être.
Mais je sais que ça passera, ça l’a toujours fait puisqu’à un moment il faut vivre, il faut avancer et faire avec ou sans.
J’essaie de comprendre pourquoi afin d’éviter de répéter mes erreurs.
J’essaie et c’est déjà ça…