Je connais des gens qui écrivent. Mais vraiment hein. Qui aimeraient en faire leur métier et tout. Bon, j'en connais aussi qui croient écrire. Mais c'est un autre problème. Et pour certains de ces écrivains, n'ayons pas peur des mots, il semblerait qu'il y ait des obstacles de départ récurrents. Comme trouver des noms de personnages déjà. Je n'arrive pas bien à comprendre cet embarras.
Apparement, quand on écrit une histoire, il faut qu'il y ait du sens partout. On ne peut pas juste faire vivre des aventures, ni même du quotidien, à des prénoms de la vie de tous les jours. Robert, je suis désolé pour toi, mais tu ne seras jamais le prochain Luke Skywalker. Et pourtant, tu es un bouseux tout comme lui. Bon, pas dans une banlieue spatiale certes (encore que), mais quand même dans le trou du cul de la Creuse (et ça veut dire beaucoup). Et ton papa était asthmatique et tu as failli épouser ta soeur. Finalement, tu t'es contenté de ta moman adorée comme colocataire jusqu'à la fin de ta puberté, vers 54 ans. Faut dire qu'elle était un peu morte, c'était moins facile pour qu'elle te repasse ton linge. Et sinon, tu manies la fourche comme personne. Et même la torche électrique. Mais non, Bob, tu n'as pas l'étoffe d'un héros. Pourtant, je t'aurai bien vu en espion de sa majesté. Ou ton ami Jean-Louis comme successeur de Conan. Ou encore ton pitit neveu Kevin comme nouveau héros de la résistance allemande pendant la seconde guerre mondiale. Kevin Schindler, Augustine Jones, Aimé Mc Lane, Guillemette Rambo, Louis-Jean Balboa, Emile-Louis Jolie... Que de personnages qui ne connaîtront jamais la gloire.
Et tout ça pour quoi? Pour un pitit manque de symbolisme. Ou parce que ça ne sonne pas assez sexy. Du racisme nominatif de la part de tous ces grateux, déçus de ne pas s'appeler Stephen, Marc ou Gutenberg (l'auteur de la bible). C'est vraiment intolérable, tous ces livres intolérants, où y a pas de tolérance. Et si c'est ça, je les ferais moi-même, les aventures d'Isidore Wayne, le fils de Batman. Enfin pit-être.