Je savais bien que tout ça se passait trop bien. Un bel appart à prix raisonnable, refait à neuf, avec grande terrasse dans un quartier calme... Un proprio qui déroge à la norme en ne réclamant pas de dessous de table et en appliquant un délai raisonnable... Une transaction sans accro. Et là, je me fais emmerder par la bande, à vouloir rendre service. Ce jour là, j'avais du oublier de méditer ce credo universel: faisez leur bien, ils vous chient dans la main.
Je pensais pourtant les belges un peu plus épargnés. Et dans ces moments d'absence qu'il m'arrive d'avoir, je me surprends encore à croire à un minimum d'honneteté humaine. Oui, je sais, c'est con. Il y avait longtemps que je n'étais pas tombé sur un vrai con, tiens. La dernière fois, c'était quand on m'avait cramé des bd.
Pour vous la faire courte, un étudiant qui m'emprunte des comics un peu goths et violents, un père qui pue la vinasse mais doté d'un sens moral qu'il veut universel, sa certitude que tout ce qui est chez son fils (majeur) est à lui puisqu'il paie le loyer et donc qu'il peut en disposer à sa guise, et sa raillerie quand je lui demande remboursement, estimant m'avoir rendu service en me débarassant de toute cette perversion, qu'il ne me doit rien et que son avocat m'attend. Tout ça se terminera dans la joie et l'allégresse (allez la graisse!) quand, recevant pour son fiston une convocation du tribunal, il décidera de finalement rembourser, dégouté par la justice à outrance qui plonge notre pays dans un marasme étazunien. Bref, tout ça pour dire que je veux bien être gentil, mais il y a un moment où faut arrêter de me chier dans les bottes, ça déborde. Et là où ça déborde, c'est quand généralement des gens décident unilatéralement de disposer du bien d'autrui à leur guise.
Et là, on essaye de me refaire le coup avec mon appart. Tu rends service aux gens pour les dépanner et ils décident de tirer sur la couverture, quitte à t'emmerder pour éviter d'y être eux-même. Mais la merde, c'est comme le carré de pralinoise: ça ne se partage pas. Pour la première fois de ma vie, je suis à deux doigts de faire appel à des muscles pour régler un problème. Pas les miens quand même, mais bon. Il y a des étincelles qui font déborder le vase de merde.