Tous les matins, en tout cas ceux de bureau, j'allume consciencieusement la télé. D'abord, parce que ça m'oblige à me lever et puis aussi, pour voir un peu s'il se serait pas passé une catastrophe dans la nuit, genre des tours qui tombent ou une pénurie de patates. Et inévitablement, j'y ai droit. Je ne cherche pas foncièrement à l'écouter mais je ne fais rien pour l'éviter non plus. Faut juste éviter de s'en vanter, y en a qui pourraient se moquer (oui oui, même Guy). Tous les matins, j'écoute l'horoscope.
En fait, j'en écoute même deux, histoire de ne facher ni les astrologues, ni les astronomes qui ne sont pas d'accord sur mon signe. Et j'en entends de belles. Toutes les semaines, on me promet une rencontre qui va bouleverser ma vie sentimentale, une opportunité incroyable au boulot qui va me permettre d'imposer mes vues et d'obtenir une grosse augmentation, ou juste une opportunité inespérée, du genre trouver un billet d'un million en sortant de chez moi, ou avoir Britney qui gémit en me réclamant sur mon paillasson. Alors je fais tout bien: j'allume la télé, je gratte la télécommande. Je suis même abonné au programme télé et je paie mon abonnement au cable. Mais je gagne jamais. Pour augmenter mes chances, je lis celui du journal, sur le trajet vers le bureau. Il me promet les mêmes choses, pas en même temps bien sur, mais c'est le résultat qui compte. Et là, pareil, j'ai beau remplir la grille de sudoku, rien. C'est jamais pour moi qu'il est, l'horoscope. Pire que l'Euromillion. Au moins là, j'ai parfois réussi à grapiller quelques euros. Mais pour l'horoscope, que dalle. Vous allez voir que le jour où je vais gagner, ce sera quand il annoncera que j'ai Pluton en ascendant dans ton cul et qu'il va m'arriver que des merdes.
Décidément, c'est désespérant, la loterie. Encore que là, je me demande si c'est pas le meurtre de madame Soleil par les chevaliers du zodiaque qui aurait grillé les chances de tout le monde. Ca a même fait perdre la coupe du monde de foot à l'équipe de France, c'est dire. Ou alors, c'est le sponsoring qu'a tout tué. C'est sur que baptiser une planète d'après une barre chocolatée, ça doit coûter suffisament pour éviter en plus de faire gagner les lecteurs. La dure loi du marketing.