Ca fait deux semaines de suite que je tombe sur ce programme, tard le soir. Sur une des chaînes belges, on a droit à des reportages sur des procès. Tout le procès est filmé, les magistrats ont des micros, tout ça. Ce n'est pas une reconstitution. C'est bien un procès d'assise en France. Je pensais qu'on n'avait pas le droit aux caméras dans les tribunaux mais apparement, ce n'est plus vrai.
Je regarde peu la télé, et c'est bien le dernier truc que j'ai envie de faire le soir. Mais il faut reconnaitre qu'il y a quelque chose de fascinant dans ces procès. Deux fois je suis tombé dessus, deux fois des procès pour meurtre. Sauf que ça n'a rien à voir avec des séries américaines. Ce sont des vrais gens, qui viennent se soumettre à la justice. Il y a un petit côté destabilisant à voir qu'on pourrait connaiter les accusés. De voir la justice fonctionner et mettre à nu tous ces gens, leurs situations, leurs secrets. De voir la guerre à sens unique que peuvent pousser les victimes, qui seront de toute façon déçues. De voir ces vies retournées, quoi qu'il arrive. Et en même temps, de voir la main ferme, mais diplomate des magistrats. Bien sur, il y a la grandiloquence des plaidoiries (hier soir, une des avocates de la défense citait du Jacques Brel dans une affaire de crime passionel), parfois un peu de prise de haut, mais le processus reste toujours tout en retenue, tout en délicatesse, sans pour autant être mou.
C'est perturbant, parce que ça peut être n'importe qui. Et ça laisse invariablement des traces. Bien sur, il y a un côté voyeur assez fort, mais les belges ont toujours été doués pour faire passer le côté documentaire avant l'aspect sensationnel. De toute façon, il est difficile de prendre parti dans ces histoires. L'intérêt n'est pas là. Mais l'efficacité y est.