J'étais dans le train, tranquille, finissant une partie de sudoku sur ma DS. Oui, je sais, c'est un peu gaché d'avoir une DS pour faire du sudoku mais oh, je suis pas un amish. Le papier, c'est dépassé. Enfin bref, j'étais là, tranquille, pas spécialement heureux d'aller au bureau, mais pas de mauvaise humeur non plus. Et puis on est arrivé à un des quais qui marque un des arrêts de notre périple. Et c'est là que c'est arrivé.
Tous les matins en semaine, mon train s'arrête dans cette gare. Tous les matins, ici comme ailleurs, je regarde les gens sur le quai. En l'occurrence, le quai d'en face, car il n'y a quasi personne pour monter dans mon train. Il est toujours assez peuplé. Des gens qui vont vers Bruxelles. C'est l'heure des employés. Sauf que ce matin là, personne. Mais alors vraiment personne. Ce quai toujours très animé respire le vide. Alors je ne sais pas si c'est parce que je suis encore suffisament dans le paté, mais d'un coup, la peur me prend. Ce n'est simplement pas possible que ce quai soit vide. Tout à coup, j'ai l'instinctive sensation que ce train, mon train contient les derniers humains sur Terre. Le reste de la population a disparu mystérieusement. Je ne vois pas d'autre explication. Il y a toujours quelqu'un sur ce quai. Surtout à cette heure là. Seuls les voyageurs de mon train ont-ils été épargnés? Allons-nous tombé subitement en cendres à la descente du train? Sommes-nous condamnés à tourner sur le réseau ferroviaire belge pour l'éternité?
Et puis le cycliste apparait. Au bout de 30 secondes d'interrogations métaphysiques et d'une peur tenace, l'humanité m'apparait dans toute sa splendeur sous la forme pas folichone d'un amateur de 2 roues. Puis vient le groupe d'ouvriers. A ce moment là, je sors de ma torpeur et je me dis qu'un train a du passer juste avant notre arrivée en gare, c'est aussi bête que ça. N'empêche que ça fait peur. Je sais même pas s'il y avait des jolies filles pour perpétuer l'espèce, dans notre abri roulant.