Souvenez vous, c'était il y a moins de 6 mois. Madame soleil était toujours morte, Paco Rabanne faisait comme si, et pourtant, le futur ne s'annonçait pas bien. Les prévisionistes de tout poil étaient affolés, le peuple tremblait et même l'horoscope n'était pas dans son assiette et débordait un peu sur la page sudoku. On nous prévoyait l'Apocalypse, Armageddon, la fin des temps. Les mers allaient disparaitre, le soleil se transformer en super-nova, les gens mourir par milliers, les fromages allaient être pasteurisés et la mayo allait devenir illégale. Et puis finalement, non. Et pourtant, Sarkozy est bien devenu président.
Aujourd'hui, la seule disparition que l'on constate, c'est celle des guerilleros d'alors. Enfin, surtout de leur protestations en fait. Pourtant, je les ai bien encore en tête les "Si Sarko passe, je quitte le pays!" ou encore les "S'il devient président, on va descendre dans la rue et ce sera la guerre civile!". Je m'en souviens comme si c'était cette année. D'ailleurs, c'est le cas.
Alors que sont-ils devenus? Je n'ai pas l'impression qu'une vague migratoire ait eu lieu cet été (une vague à sens unique hein). A Bruxelles en tout cas, j'ai rien remarqué. Bon, faut dire aussi que l'expat' est souvent de droite, mais quand même. Je ne crois pas que le pays se soit vidé. Et pourtant, ils étaient nombreux à annoncer leur départ.
Je n'ai pas non plus l'impression que les pavés aient particulièrement volé. Bon, c'est sur, à Paris, on les enlève pour découvrir Paris plage, mais quand même. Il y a toujours moyen de lancer un velib dans une vitrine (avant de le rapporter à la borne hein, au prix que ça coute). On n'a même pas notre petite grève de rentrée traditionnelle. Moi qui espèrait revenir manifester pour dire que moi aussi, j'aime pas le président actuel. Pour le coup, je suis déçu.
Alors je sais, ils vont sans doute me dire qu'on les opprime, qu'on les fait taire, qu'on les musèle et qu'on nous cache tout, on nous dit rien. Soit ça, soit ils sont rendus compte qu'ils ne vivent pas encore en dictature et que pour frimer, ouvrir sa gueule, c'est bien, mais ça devient génant quand il faut assumer ce qu'on a dit. Enfin bon, c'est sans doute la faute aux médias encore. Vivement la prochaine révolution, qu'on rigole, tiens. Surtout de loin, c'est plus mesquin, mais c'est tellement bon.