Ce matin, il y a quelque de changé dans le bureau. L'odeur m'assaille avant la vue. La patchouli est là. Et le bureau en face du mien est envahi. Jusque là, il avait été occupé par un gauchiste bobo qui évitait de s'étaler, comme l'ingénieur moyen. Tout au plus, quelques feuilles qui trainent, une feuille au mur avec les pronostics de la dernière coupe du monde. Ce matin, c'est la révolution.
Un scanner, un ordi, un ventilo, des casiers dans tous les sens, jusque là rien d'anormal pour un bureau, mais ça surprend quand on est habitué au dénuement du seul pc roi. Surtout sur une table aussi petite. Un énorme caisson plein qui prend la place de celui présent habituellement et qui servait de porte-clé (on a vu plus petit, c'est sur, mais c'était bien pratique vu qu'on le bougeait jamais). Un radiateur personnel pour se chauffer les pieds. Un pichet/vase plein de fleurs mortes. La lampe de bureau (accessoire rare ici) agrémentée de son chouchou en peau de muppet et de son petit parasol à coktail. Des cartes de visites avec des personnages manga. Au mur, des photos de paysage, de singes et de dauphins dans une mer turquoise. J'ai du me tromper de bureau. Et puis non, je reconnais mon bordel habituel juste en face. Je reconnais également le foutoir que mes collègues, las de le voir pourir sur place, avaient décidé de cacher au fond des armoires que personne n'ouvre jamais. Elle a décidé de nettoyer le bureau. Elle a tout vidé, au moins le temps que l'armoire soit récurée.
Et depuis, elle parle. Dans notre bureau, ça change. Je ne sais pas comment ça va se passer. Ces bouleversement soudains me font peur. J'ai surtout peur qu'on empiète sur mon déjà tout pitit espace. Je crois que s'il y a un bout de feuille qui dépasse ou une lingette qui se perd, je me mets à l'espagnol et je commence la guerilla. Hasta sempre!
Gauchiste, bobo et en plus ingénieur moyen, on peut dire que tu m'as soigné.Eh ben Cubik y fait l'amour tout les soirs avec la femme de ménage dans les toilettes de la société et puis y s'en va prendre son train tranquille en sifflotant !
Il faut pas se laisser faire, surtout pas par une gonzesse ! Résiste ! Face à son patchouli, attaque avec "Sueur d'aisselle d' y a trois jours", jette ses fleurs mortes "ha mais je croyais que tu les avais oubliées", et planque une bouteille de whisky de mauvaise qualité sous son bureau et signale le au patron ou à la patronne.Courage !