L'aire de rien
Pendant que je profitais de mes vacances, il parait que c'était la révolution en France. Encore. Même que le capitalisme va tous nous empaler. Encore. Décidément, on n'arrive pas à s'habituer. Ou alors, c'est qu'on y prend goût. Toujours est-il que certains ont décidé de prendre leurs aises en faisant un peu ce qu'ils veulent, du moment qu'il y a des sous à faire. Encore.
Les victimes du moment s'appellent donc Arnaud Le Gouëfflec et Obion. Vous ne les connaissez peut-être pas. Ce sont de jeunes auteurs bd. Oui, des artistes. Ahhh je sais, ils n'ont qu'à trouver un vrai travail s'ils veulent manger des nouilles à chaque repas. Mais bon, ils y croient, ils se battent, y n'en veulent. Et même que des fois, ils arrivent à signer des projets, pour avoir des sous qui rentrent. Même qu'ils ont un bouquin avec leurs noms dessus en vente en librairies et tout. Sauf que voilà, ce bouquin là, c'est pas le leur.
Leur éditeur, jeune et rock n' roll, a fait une bourde. Ca arrive à tout le monde. Sauf que voilà, il s'en fout. Alors que le livre a été conçu en scène de 2 pages cloisonnées en vis à vis, tout s'est retrouvé décalé d'une page à l'impression. En gros, ça casse toute la structure du livre. Et les mois de travail sont par terre. Vu qu'il y a un pré-tirage pour vérifier ce genre de trucs, il aurait été facile à l'éditeur de corriger l'affaire. Mais non, il a décidé de laisser passer le truc. Pire, il a mis 8000 exemplaires défectueux en vente, sans avertir les auteurs. C'est déjà pas très classe. Surtout que c'est un peu illégal. En France, on dispose quand même d'une protection du droit d'auteur très costaude. Et là, dénaturer l'oeuvre comme ça, on appelle ça une atteinte au droit moral. Mais l'éditeur s'en fout. Quand les auteurs lui demandent de retirer les ouvrages de la vente, il appelle ça un caprice. Il va même jusqu'à appeler à l'achat de l'ouvrage pour que les lecteurs puissent constater que "c'est pas si grave".
C'est beau de voir qu'il y a des patrons aujourd'hui (même si un éditeur n'est pas vraiment un patron d'auteurs) qui écoutent leur gouvernement et qui décident de re-valoriser le travail. Après tout, c'est vrai, il est imprimé le bouquin. Il faut valoriser ce travail qui est déjà fait, même si c'est mal fait et que les auteurs ne reconnaissent plus leur petit. Ce serait quand même dommage de vouloir faire les choses comme il faut.
Pour tous les détails de l'affaire, vous pouvez consulter le blog d'Obion.