L'aire de rien
Pour avoir vu une guichetière de la ratp (les transports en commun parisiens pour les non-français) demander à un touriste de faire un effort et de parler français, parce que bon, vous êtes quand même en France, mon bon monsieur, je pense qu'on peut dire que les français n'ont pas un intérêt prononcé pour les langues étrangères. Ce genre de propos dans la ville la plus visitée du monde, ça fait un peu peur. Bon, il y a quand même pire que Paris. Il suffit de voir Madrid. C'est dans ces moments là que je suis content d'habiter une ville cosmopolite.
Déjà, par son statut d'enjeu pour les deux principales populations linguistiques du pays, Bruxelles est forcément bilingue. Ajoutons là-dessus une notion vague de capitale européenne, et vous aurez un bouillonement de métissage intéressant. Ce qu'il y a de bien à Bruxelles, c'est que tout le monde parle au moins deux langues. Bon, plus ou moins bien, certes, mais c'est à peu près vrai pour la plupart des gens. Pour les natifs du coin, c'est souvent le français et le néerlandais, normal. Même si ce dernier ne rencontre pas beaucoup d'adeptes chez les francophones. Mais de plus en plus de Bruxellois se mettent aussi à l'anglais, esperanto moderne facilitant grandement les échanges. Après, les flux migratoires font de la ville une nouvelle Babel. C'est agréable de pouvoir se balader dans une ville en écoutant tout un tas de sonorités exotiques, des langues baltes aux patois africains, des idiomes asiatiques aux accents ibériques... On peut très bien se promener dans Bruxelles toute une journée sans entendre une langue qu'on connait.
Il y a une vraie mixité ici que je n'ai pas vraiment croisé ailleurs. Bon ok, j'ai peu voyagé, mais quand même. Et comme le pays est déjà partagé en 3 langues, les locaux sont toujours patients avec ceux qui tentent de s'exprimer, même s'ils sont allophones. Par exemple, ils me pardonnent volontiers quand un soixante-dix m'échappe alors que je fais des efforts pour me mettre à la langue belge. C'est beau la mixité linguale.