L'aire de rien
Il y a des jours où l'on réfléchit. Intensément. Sur tout, rien, et surtout sur moi-même. Sur sa façon de se voir, d'agir, sa façon d'être. Dans ces moments de calme où rien ne perturbe vos pensées, il arrive souvent que la question débarque sans prévenir: est-ce que je me laisser aller?
Faut il prendre sur soi, se retenir, être discret?
Faut-il au contraire tout lacher, se foutre de tout et de tout le monde, quitte à ce qu'on vous regarde d'un oeil bizarre, voire méchant par la suite?
Cette boule qui vous prend au ventre au moment d'agir, qui vous torture les boyaux et vous monte la fièvre, faut-il la comprimer et la faire taire? Ou au contraire, tenter de la conjurer en l'expulsant autant que faire se peut?
Avoir de la retenue, prendre sur soi, ce n'est pas forcément facile. Mais se laisser-aller non plus. Et puis jusqu'où? Jusqu'à la nausée? Ou jusqu'à l'explosion?
Si je me lache, m'aimera-t-on plus? Est-ce que je serai plus attirant? Est-ce que je m'aimerai plus?
Franchement, quand on a chaud et qu'on a l'impression que la gastro et la crotte plus ou moins solide viennent, c'est pas toujours facile quand on est sur son trone. Et même, pour tout vous dire, je commence sérieusement à en avoir un peu plein le cul, de ces questions.