L'aire de rien
Ce matin, départ d'une des gares sur le trajet vers le bureau. Soudain, arrêt brutal. Quelques dix minutes d'attente. Enfin une annonce.
"Mesdames et messieurs, nous sommes à l'arrêt parce que nous avons percuté quelqu'un au passage à niveau."
Le mec sur la banquette d'à côté qui expliquait par téléphone à sa femme qu'il était dans le train ne sait plus dire que "purée, on a percuté quelqu'un!". Comme nous ne sommes plus à quai, enfin pas entièrement, forcément, on ne nous ouvre pas les portes. Certains paniquent. Je ne sais pas s'ils y voient une malédiction ou une claustrophobie à rester dans un train potentiellement meurtrier, alors qu'ils étaient bien tranquille deux minutes avant. Les controleurs parcourent le train pour demander à tout le monde de ne pas chercher à sortir. Je monte le son de mon lecteur mp3.
Je n'ai pas paniqué. En fait, j'ai fait comme si de rien n'était. Enfin c'est pas que j'ai fait, c'est que je n'ai rien ressenti. Un simple retard. Et puis de toute façon, on venait de démarrer. Ca ne peut pas être bien grave.
Les controleurs repassent en annonçant que le train va reculer pour retourner à quai. Au passage, ils annoncent que le conducteur pense avoir percuté quelqu'un mais que pour l'instant, on ne trouve personne devant le train. Les pompiers arrivent. Le conducteur traverse tout le train pour aller à la locomotive arrière. Finalement, on bouge. Nivelles, tout le monde descend. On nous annonce un prochain train pour dans une demi-heure.
Finalement, il semblerait que personne n'a fini sous les roues du train. Ce serait juste trois gamines qui se seraient fait peur et qui du coup, sont bien choquées maintenant.
Moi je dis, va falloir que les conducteurs de train apprennent à mieux viser si on veut réussir à se débarasser des scouts. Déjà qu'il n'y a plus beaucoup de passage à niveau, s'agirait pas de louper une occasion quand elle se présente, bordel.