L'aire de rien
Comme chantait le petit Pascal O., si j'existe, c'est d'être fan. Sans tout à fait comprendre le sens de cette phraseà la syntaxe douteuse, force est de constater qu'être fan, aujourd'hui, ça ne paie plus. C'est pourtant toute l'existence de certains. Mais malgré tous leurs efforts, on les bafoue. Limite, on les exploite et on les spolie.
C'est le cas aujourd'hui du petit Pascal O. (oui, c'est toujours le même). Pascal est fan de monsieur Michel P., miauleur de son état. C'est bien simple, il l'adore. Tellement qu'il décide de faire le même métier que lui. Après quelques hésitations capillaires et des bains dans la mer, il abandonnera l'idée de lui ressembler physiquement et il s'attachera plutôt à travailler son admiration artistique. Il le conseillera à tous ses copains, il ira jusqu'à reprendre ses chansons lui-même. Il poussera l'admiration jusqu'à prendre la même voix. Et voilà qu'aujourd'hui, Pascal O. est dénigré. Lors du tour de chant de son idole, pour lequel il a sans doute reçu une invitation d'une valeur de 140 euros, son modèle, son dieu l'ignore complètement. Il ne l'invite pas à monter sur scène pour chanter avec lui. Après tout son amour, tous ses sacrifices, tous ces achats de disques, de OK Magazine avec les posters de Michel, les "trop d'la balle" lancés à ses potes, il ne se passe rien. Pascal restera sur le bord de la scène, avec le reste du public.
C'en est à se demander à quoi ça sert d'être fan. Où est le respect dû au public, bordel? Après tout, c'est quand même lui qui fait vivre l'artiste. C'est lui qui fait son succès et son compte en banque. Et il répond quoi à ça, monsieur P.? Rien. A l'ingratitude, il ajoute le mépris. Vraiment, où va le monde? Sans des gens comme le petit Pascal, il serait encore en train de faire des concerts sous les ponts parisiens avec son élevage de chats. Et il ne s'excuse même pas d'avoir fait aimer sa musique aux gens de France et d'ailleurs. Quel sans-gêne, vraiment.
Je crois que je vais suivre l'exemple du petit Pascal et me plaindre aussi. Vu que j'ai acheté tous les albums de Tool (bon, ok, y en a un, c'est une copie, mais ça se voit pas), que je suis allé plusieurs fois les voir en concert, que je leur ai fait de la pub monstre auprès de mes potes (au moins 2, 3) et de mes voisins quand je chante tout haut, et que je suis même aller jusqu'à mettre en ligne illégalement certains de leurs morceaux sur ce blog pour promouvoir leur musique, j'estime que j'ai le droit à mieux qu'une goutte de sueur durant le concert. Moi aussi, je vais réclamer à monter sur scène pour chanter avec eux. Mieux, je vais exiger un concert dans mon salon. Non mais alors. Un peu de respect, bordel!