L'aire de rien
Et pas de la Golden hein. Je sais pas ce qu'ils mettent dans la peinture qu'ils sont en train de badigeonner dans le couloir devant mon bureau, mais ça fleure bon la pomme. Bon, et fort en fait. Au bout d'un moment, on se sent un peu tout chose. Je sais pas comment font les peintres qui trempent dedans toute la journée.
Du coup, j'ai chaud. Et je commence à voir des trucs bizarres. Je crois que la nouvelle fausse plante verte qu'on nous a installé hier essaye de me dire des trucs. Mais elle fait sa timide, y a trop de monde dans la pièce. D'habitude, je gère bien la drogue au bureau pourtant. Faut dire que j'arrive à me limiter avec le Veleda. Un ptit coup sous le pif, une grande aspiration et c'est fini. Là, impossible d'y échapper. Et ouvrir la fenêtre n'est pas une option à cause du froid. Entre mourir gelé ou être un peu stone, on a choisi. Du coup, après une exposition d'une journée, avec une porte comme écran, on est déjà joyeux avec des yeux bien rouges. Je vous raconte pas l'état des ouvriers qui peignent sans masque. Je comprends mieux comment ils font pour supporter Rires et chansons tout le temps. Je crois même qu'ils suivent le championnat de foot belge, c'est dire. Je comprends mieux aussi pourquoi je supporte bien la journée.
J'avais pourtant essayé de ne pas plonger, mais bon, on nous a forcé au shot nasal. Et maintenant, mes mains sont super cools, avec des chouettes couleurs. Qu'est-ce qu'on ferait pas pour avoir des employés heureux de bosser, hein? Je me demande si je vais pas faire un peu de peinture chez moi bientôt. S'ils en ont couleur et odeur pêche, faut voir.