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27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 15:42
Il y a longtemps, au moins au dernier millénaire, on disait de certains groupes de musique qu'ils étaient sataniques. C'est pas compliqué, il suffisait de passer leur disque à l'envers (comment, je ne sais pas trop, probablement à la main (pas facile avec un cd)) pour entendre des incantations démoniaques. Leur vraie nature était enfin révélée grace à ce moyen astucieux. Et depuis, on a pu le constater, le pape ne danse pas le rock (tout au plus la gavotte, Parkinson aidant). CQFD.

Du coup, j'ai eu un choc quand la vérité m'est apparue, ces jours ci. J'aurai du le voir avant, mais j'étais trop distrait par l'appât du gain. Sans doute la force séduisante du côté obscur (rien de sexuel  (enfin faut voir)). Je m'accrochais à mon seul espoir de pouvoir un jour glander sans risquer la faim. Et sans avoir du me priver pendant la plus grande partie de ma vie pour ça. Je faisais donc mon Euromillion tranquillement quand j'ai eu la révélation. Il suffisait d'appliquer la même méthode que les destructeurs des disques de Led Zeppelin au siècle dernier: il fallait lire à l'envers. Et là, ça fait mal. En donnant au PMU, j'ai vu ce que je soutenais jusqu'ici inconsciement.
Le PMU donc. Une cagnotte d'Euromillion ne représente que 10% de ses gains sur le tirage. Je le savais et je ne me suis pas méfié. Le dernier espoir laissé aux gens. Et pour plus cher qu'un billet de Loto en plus. Comment n'ai-je pas pu voir? La vie se résumant à une loterie, dont seuls les tenanciers sont gagnants. Ou alors, faut avoir du bol.

Alors je suis un peu déchiré. Renoncer à mes rêves de luxe, de stupre et de vocation enfin réalisée (ma voie, c'est d'être rentier) ou alors continuer à alimenter cette farce qui ne profite qu'aux démons. Dans un cas comme dans l'autre, je me fait niquer: il faudra bosser. Je crois que les marchands de chance ont encore de beaux jours devant eux.
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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 15:40
C'est toujours quand on s'installe, qu'on se dit qu'on est bien et qu'on va couler les piquets de la tente dans le béton que l'envie de la route se fait sentir. Ca doit être le syndrome de l'herbe, qui est toujours plus verte ailleurs. Pourtant, le vert, ça devrait faire fuir, mais non. Faut regarder où va le chemin.

D'habitude, dans le train, j'aime bien mater les maisons. Pour essayer de voir les gens qui vivent. Pour  tenter de voir où ils vivent. Pour regarder comment c'est ailleurs. Tout ça reste totalement anonyme et aléatoire et c'est sans doute ce qui en fait l'intérêt. Surtout pour la demi-seconde de vue sur leur vie qu'on peut avoir. Et dernièrement, je le fais moins. Ce sont les routes qui m'attirent le regard. Savoir où va la rue, où mène le chemin, ce qu'il y a derrière...
J'aime bien prendre les rues sans savoir où elles vont. Et continuer un peu plus loin. Je ne serai pas si attaché à ma grotte, je crois que j'aurai pu faire nomade. Mais bon, c'est toujours pareil, c'est plus une vie, de nos jours. A moins de faire forain, et encore. Faudrait que j'essaye un jour de faire un voyage itinérant. Ca me fatigue déjà rien que d'y penser, mais ça se tente. Mais en ville alors. Faire des quartiers à pied. Ne jamais dormir deux fois au même endroit. Allez découvrir le bout de la rue et celles autour.

Faudrait que je fasse ça à Bruxelles, un jour. C'est un peu con d'essayer de dormir ailleurs quand on habite la même ville, mais quel serait l'intérêt du voyage alors? Si tu sais que tu rentres chez toi, tu ne vas pas très loin. Et il doit bien y avoir une quinzaine de communes à visiter dans Bruxelles. J'en connais quasi aucune. Faudra juste que j'arrive à sortir de chez moi. C'est pas gagné.
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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 10:54
Accumulation d'évènements ces derniers jours. Je ne sais pas pourquoi, j'ai l'impression qu'on veut m'empêcher de dormir cette année. Est-ce parce que le Vatican a décidé de durcir les conditions de la canonisation et qu'on veut augmenter mes chances de l'être? Je ne sais pas, on m'a rien dit.

En tout cas, le rythme s'est accru la semaine dernière. Des squatteurs à tout va, même un belge, c'est déjà pas de tout repos. Dans la même foulée, descente à Paris, enfin dans sa banlieue. Enfin plus précisément, vers le trou du cul de sa banlieue, là où il y a encore le rer mais où on doit quand même traverser des champs pour y aller. Je ne pensais pas que ça existait. Ce qu'il faut pas faire pour faire plaisir quand même. En tout cas, ça a l'air d'avoir marché, c'est déjà ça. Surtout quand on en ressort content soi-même. Une excellente soirée, sans alcool, ni fumée, avec des gens gentils mais un peu geek (juste un peu), y avait longtemps. Et puis rencontrer ou retrouver des gens qu'on aime bien, c'est toujours plaisir.
Enfin bon, à mon age, on a plus l'habitude de ces plaisirs fugaces. Et au retour, nouveau squat. Ca fait toujours plaisir de voir qu'on peut servir à quelque chose, mais ça fait pas se coucher tôt. Surtout quand il faut ramener au video club, les films qu'on a essayés de regarder.
Lundi matin, nouveau coup de massue. Les épisodes de Dallas, c'est rigolo à la télé, mais quand ça s'approche et qu'on te diffuse ça le lundi matin, ça calme.
Et hier, juste un engagement de bourgeoisition, un endettement pour 20 ans, une assurance vie (merde, je pourrai mourir?) et la découverte que je suis peut-être en train de me mettre fiscalement en tort. Je me demande si j'ai pas rajouté une connerie de plus à mon bagage.

Ce matin, on a droit à une coupure de courant générale dans le batiment (c'est quand même pratique d'avoir un ordi portable). Un collègue en profite pour aller accoucher sa femme. Je me demande si je vais pas en profiter pour essayer de dormir un peu, vu que je ne sais pas quand sera mon prochain week-end de libre. Vivement que je sois rentier.
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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 15:18
Allez, une nouvelle fois n'est pas coutume, un peu de promo (mais on m'a rien payé, il parait que c'est sale). Sachez le, partout dans le monde, mais surtout en Europe, voire même surtout en franco-belgie, des auteurs souffrent. Les torticolis et les crampes au poignet se multiplient chez ces artistes, enchaînés qu'ils sont aux tables de festivals peu scrupuleux de leur bien-être. C'est tout juste s'ils arrivent à relever la tête pour demander "c'est pour qui?" à la fin de leurs dédicaces. Et encore moins à lever le coude pour réussir à avaler cette bière pourtant si attendue et méritée. Sous la chaleur des spots, face à la chaîne d'albums soutenus par des files de sacs, et dans la somnolence d'après-repas, ils subissent la tyrannie des collectioneurs. C'est inhumain.
Il était temps de dire non, il était de réagir. Venez dire non avec nous.

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Au Blue Bayou (395 Chaussée de Louvain, bon, copieux, pas cher), on peut venir voir des auteurs en paix. On peut les approcher, les toucher (s'ils sont d'accord, bien sur) et même leur payer à boire. On peut surtout discuter avec eux et apprendre plein de choses que tu te demandes peut-être sur le métier d'auteur.
Par contre, si tu approches avec ton bel album ou ta feuille blanche et immaculée (ce n'est pas sale), pour obtenir une dédicace ou un autographe, je te rappelle gentiment mais fermement que la direction du Blue Bayou se réserve le droit d'entrée, mais aussi le droit de sortie. Tu ne pourrais donc pas profiter de la présence rare des gentils auteurs jusqu'au bout et ce serait dommage.

Alors voilà, c'est la semaine prochaine, dans une chouette brasserie et avec que des gens bien, donc note le sur ton agenda. Et même mieux, viens (et n'hésite pas à le dire (que tu viens (mais tu peux faire la pub aussi, je t'en voudrais pas))). Et si tu as des questions, n'hésite pas. Quand on ne sait pas, la meilleure méthode pour s'en sortir est encore de demander. Mais pour te faire une idée, tu peux toujours aller lire les rencontres précédentes en cliquant sur l'image. Allez, clique.
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12 février 2008 2 12 /02 /février /2008 10:44
Je le savais qu'elle finirait par arriver. Ca ne faisait pas un pli. Après quelques jours d'euphorie et de grosse patate, j'ai l'angoisse qui me tombe sur la gueule. Est-ce que je fais le bon choix? Est-ce que c'est le bon moment? Je ne vais pas regretter trop de trucs de mon appart actuel? Devenir proprio, c'est terrifiant. Enfin non, quand même pas. Mais c'est un peu comme acheter une nouvelle veste.

Le week-end dernier, j'ai fait l'acquisition d'une veste neuve. Ca ne m'a jamais gêné d'user mes fringues jusqu'à la corde, à partir du moment où je me sens bien dedans, mais il arrive bien un moment où il faut en changer. Ma vieille veste ne craque pas encore de partout, mais bon. J'ai donc investi. La nouvelle me semble pas trop mal. Sobre. Le genre que j'aime bien. Mais je ne sais pas si j'arriverai à m'y faire. Je l'ai pourtant essayé. Elle me va, c'est pas question. Mais je me sens comme dans un tube. J'aime mes vestes comme mes apparts: larges. Et là, j'ai l'impression de manquer d'espace. Un peu comme quand on passe du jogging au jeans. C'est bien ma taille (enfin je rentre dedans sans forcer), mais je ne suis pourtant pas à l'aise. Surtout quand je la ferme, ce qui est quand même le but en hiver.

Du coup, après avoir vu mon (potentiel) futur appart une seule fois, je me demande si je ne me suis pas trompé. J'ai pourtant essayé de visualiser mes affaires dedans, et j'étais enthousiaste. Mais comme je n'aurai pas l'occasion de le revoir tout de suite (à cause de mes horaires de boulot), je doute. C'est une excellente affaire, c'est sur et je pourrai vivre dedans sans problème. Mais ça m'angoisse. Mais peut-être que c'est juste ma veste qui m'oppresse. Je devrai peut-être la rapporter.
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11 février 2008 1 11 /02 /février /2008 11:42
Ce week-end, toujours plus loin dans la sociabilisation, j'ai rencontré une blogueuse. Enfin plus exactement, c'est elle qui est venu me rencontrer. Autant j'ai du mal à sortir de ma grotte, autant ça fait toujours plaisir qu'on se déplace pour venir la visiter. En plus, une quasi ex-blogueuse, c'est la classe. J'ai donc vu freakylady.

C'est fou comme on peut se faire des idées rapidement sur les gens. Je sais pas, je crois que je l'imaginais pas très grande, plus vieille, plus révoltée littérairement, qui secoue les cheveux en fumant sa clope et en disant "t' vois?". Pas snob non, juste... Enfin je sais pas bien ce que je m'imaginais. Quelqu'un d'impressionant de loin, sans doute. Et puis en fait, pas trop.
Déjà, elle est grande. Une girafe toute haute et mince. Et je la retrouve avec un mec qui était venu l'aborder. Ce qui me fait bizarre, c'est que physiquement et vaguement vestimentairement, je trouve qu'elle se rapproche de Cha, une blogueuse bd pounk. Pas du tout l'image de la prof syndicaliste que j'avais (et qu'elle est quand même en fait). Elle fait jeune. En même temps, elle l'est mais bon, ça me surprend toujours. Et elle se plaint même pas quand je lui dit qu'on doit se retenir de manger pour attendre les mecs du cable chez moi (qui ne passeront d'ailleurs pas). Elle est sympa. On discute, mais je n'arrive pas du tout à faire le lien avec son blog, enfin pas vraiment. Faudrait que je relise ses notes pour voir (allez-y aussi, ce sera pas du temps perdu). Sans le prisme déformant de l'imagination.

Et ce qui surprend encore plus, c'est que pour elle, je correspond à l'image qu'elle se faisait de moi, à travers le blog. Alors que moi-même, je ne me suis pas reconnu. J'ai exposé mes caleçons neufs, alors que je les montre rarement. Le soir venu, j'avais un peu mal à la gorge d'avoir parlé, c'est dire. Mais bon, quand je vois que je parle ici surtout bouffe, caca et mysoginie, je me pose des questions quand même.
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8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 14:25
Avant-hier était une belle journée. Donc, comme je m'y attendais un peu, hier a été pourri. Forcément. Mon mail professionnel ne fonctionnait qu'à moitié, l'outil dont je dois m'occuper avait décidé de prendre un congé, et évidement, tout le monde  avait décidé que c'était ma faute. Ca puait quoi. Heureusement que la soirée a été meilleure.

Hier, je suis donc allé visiter un appartement à vendre. Le fait qu'on m'ait demandé d'y être tôt, avec ma journée de merde en vue, m'inquiétait sérieusement, mais finalement, j'avais bien mon quart d'heure d'avance habituel. Et l'appart, il est beau. Il est comme neuf, grand, en duplex. Presque parfait quoi. Presque parce que la perfection n'existe pas et que je sens bien que j'aurai moins de visiteurs au 4eme sans ascenseur. Même avec une terrasse et un joli parc à proximité. Du coup, consultation de mes experts en transactions en tout genre, à savoir les grands gourous du Blue Bayou (395 Chaussée de Louvain à Bruxelles, bon, copieux, pas cher). Et grace au zèle de la cuistot, offre d'acquisition dans la foulée.  Depuis, c'est bête, j'ai la patate. Je le sais pourtant que je vais stresser, que je serai pas à l'aise, que ce sera pas simple, mais rien à faire, j'ai la patate.
Sachant qu'en plus, ce matin, j'ai réussi à avoir des places pour aller voir Rage Against The Machine en juin, c'est la grosse patate. Surtout qu'elles sont parties en 20 minutes. Un doux sentiment de puissance m'envahit soudain qui me coupe bizarrement toute volonté de travailler.

Heureusement, ma journée de merde m'a rattrapée hier soir avec une gentille panne msn et un peu de rab' ce matin, avec des soucis en tout genre. C'eut été dommage que j'en profite pour glander au bureau. Voire même pas bien. Surtout avec une patate pareil.
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7 février 2008 4 07 /02 /février /2008 11:13
Quand ils avaient sorti ce concept dans Scrubs, j'avais trouvé ça rigolo mais un peu bête. S'il y a bien un truc qui me semble aléatoire, c'est bien les horaires de pipi. Ca dépend du boulot, de la quantité de flotte ingérée, de l'organisme, tout ça. L'idée que quelqu'un puisse être réglé sur le même rythme que moi, c'était totalement absurde. Ben apparement pas.

Je sais pas qui est ce gars. Quand on est dans les toilettes, on respecte cette règle implicite qui veut qu'on ne se parle pas dans ce sanctuaire. Les filles ne peuvent pas imaginer ce besoin d'intimité vocale, du fait qu'elles ont toujours au moins un mur ou une porte pour les séparer de leurs camarades  de délestage naturel. Quand on a des urinoirs, il est nécessaire de mettre des barrières, d'afficher une pudeur au moins sonore.
On ne se connait pas donc. N'empêche qu'on semble avoir un agenda pissatoire assez commun. Pas tout le temps quand même, faut pas déconner non plus. Mais c'est souvent qu'on se croise autour des pissotières. C'est assez troublant. Surtout que c'était pas comme si c'était toujours le même qui suivait l'autre. On se croise à tour de rôle, dans l'urgence des mêmes besoins.

Cette société commence à m'inquiéter, paranormalement parlant. Peut-être est-ce un double dimensionnel? Peut-être qu'on nous met des trucs dans la flotte pour nous télécommander? J'ai peur. En plus, rien ne fonctionne ce matin, on me laisse avec cette seule angoisse dans la tête. Il va vraiment falloir que je me barre plus tôt ce soir. Surtout que j'ai un appart à visiter.
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6 février 2008 3 06 /02 /février /2008 15:44
Les gens qui me connaissent un peu s'en rendent rapidement compte: je parle beaucoup de manger. J'y peux rien, je fais avec les plaisirs qui me restent. Mais bon, c'est pas que de ma faute non plus. Elle est partout, la bouffe. Rien que ma voisine, Babette, je suis sûr que son mec la lie, la fouette et la fait passer à la casserole (la chienne). Comment vous voulez vous en sortir dans ces conditions?

C'est pas facile. On est un peu encerclé. Je sais pas quel est le con qu'a dit qu'il fallait manger pour vivre et pas l'inverse, mais il vivait sans doute pas au XXIème siècle. On regarde la télé de Coca, les téléphones imitent les haricots (sans fil) et y a des boudins plein les rues. Les filles se moulent (ah, ça sent la marée, vite, un mars aux moules) le derche dans des jeans qui font ressembler leurs derrières à des melons. Et si t'y touches (histoire de voir si c'est mur), tu te prends une entrecôte à 5 branches en pleine face. Je vous le dis, c'est impossible de s'en sortir. Même les wonderbra me donnent des envie de milkshake. C'en est à un point que j'en ai même plus faim en rentrant le soir. Y a bien que ceux qui savent encore jouer avec la nourriture qui me redonnent un peu d'espoir.

Mes faux filleuls par exemple, ils sont pressés d'aller à l'école  maternelle. Tout bêtement parce qu'ils faisaient des gateaux quand ils ont visité. En attendant, ils se contentent de mettre les doigts dans la purée, c'est plus rigolo. Un peu de sel par ci, du miel par là, et avec tout ça dans leur vie, on va bien se rigoler.
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1 février 2008 5 01 /02 /février /2008 10:40
J'ai toujours trouvé la mémoire fascinante. Ses mécanismes totalement incompris, sa pertinence ou pas, son altération pour le bien être... Quand on regarde l'Histoire, on se rend compte qu'elle est écrite par les vainqueurs. Je me demande si ça ne se passe pas un peu pareil pour les neurones. Une guerre de celui qui sait le plus et impose son souvenir. Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdu.

Par exemple, je ne me souviens pas du tout ce que ça fait de ne pas savoir lire. Bon, ok, j'ai appris tout pitit, comme la plupart des gens, mais j'ai quand même des souvenirs d'un age où la compréhension des signes m'étaient totalement inconnus. Je me souviens de la maternelle, du fait que je ne savais pas où j'allais la première fois, de mes tentatives d'évasion des premiers jours. Je me souviens aussi des jeux, de mon admiration de ceux qui savaient déjà faire leurs lacets, de Stéphanie, la première fille que j'ai trouvée jolie... Mais je ne me souviens absolument pas de mon ignorance. Peut-être que je n'y prêtai pas attention à l'époque. Mais il y a tellement de lettres partout que je vois mal comment j'aurai pu passer à côté. Je ne me rappelle pas d'être resté en arrêt devant un hiéroglyphe en regrettant de n'en pas saisir la signification ou le rôle. Je me souviens juste que j'étais heureux en ce temps là. Je me demande si, en plus de ne pas me souvenir mon innocence littéraire, j'aurai complètement zappé la frustration que j'aurai pu avoir face à ces droles de formes dont le sens m'échappait.

C'est assez étrange comme sensation. Surtout que ce n'est absolument pas réversible. Autant un truc comme ne pas savoir marcher, tu te fais briser les deux jambes, tu vas vite te souvenir de ce que ça fait. Autant, oublier quelque chose d'aussi fondamental que le déchiffrage de l'écriture, je ne vois pas comment. D'ailleurs, je n'ai jamais entendu parler d'un amnésique qui aurait perdu sa connaissance de la lecture.  Ca m'inquiète d'autant plus sur mes capacités à oublier un jour le petit bonhomme en mousse et Mireille Mathieu.
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