Aujourd'hui, si l'on retire l'ennui habituel, j'ai aussi bossé. Pas mal même. Y avait longtemps. Et même si j'ai sacrifié mon ennui à l'autel de la conscience professionnelle apaisée, je ne sais
pas trop si je suis fier de moi. En fait, j'aurai même plutôt honte. Bien sur, j'ai l'impression d'avoir mérité ma future paie, mais tout ça n'est qu'un sale réflexe. Et en fait, c'était mal.
Voyez-vous, entre fainéants, on essaye de s'occuper. C'est ainsi que
Moatthieu et moi, parfois, on se parle. On
s'instruit. On essaye de se divertir l'un l'autre, quoi. Et aujourd'hui, alors qu'il se livrait à ses lectures anarchiques, il a vu qu'on parlait de nous. Et là, c'est l'illumination. La révélation
de nos statuts inconscients jusqu'ici. Il me sort donc l'extrait suivant de
ce long texte:
"(...)
L’expérience russe a montré à quel point il ne suffit pas de détruire la bourgeoisie pour détruire le capitalisme. Celui-ci réside avant-tout dans un rapport
social, un rapport d’exploitation et d’aliénation. Le refus du travail, c’est donc la forme pratique la plus simple et la plus directe de lutte contre ce rapport social. Il s’exprime collectivement
dans la grève, individuellement dans l’absentéisme ou la recherche de temps libre dans le temps de travail.(...)"
Soudain, nous voilà les Che Kéveugra des temps modernes. Par nos non-activités, on participe à la destruction prochaine du capitalisme. Grace à nous, l'humanité s'en sortira. On aura même le droit
d'aller tondre Carla Bruni à la révolution (et peut-être la violer un peu). D'un coup, je nous trouve beau. Enfin pas trop lui, mais presque.
Mais j'espère qu'il arrive vite, le grand soir. Parce qu'en attendant, qu'est-ce qu'on s'emmerde.
Par cubik
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Publié dans : Les aventures du bureau
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