La nuit tombe, sur Los Angeles ou Londres. Tout le monde se presse de rentrer chez soi. Il ne fait pas bon trainer dans les rues après le coucher du soleil. Chacun s'enferme, en tachant de faire le
moins de bruit possible. On éteint les lumières et on attend. Généralement le sommeil mais parfois, c'est les cris qui viennent briser l'attente. Les soirs comme ce soir. Vous l'entendez? C'est la
longue plainte de la violette brutalement plantée.
Depuis quelques années, il semblerait que des guerilleros urbains sévissent dans quelques grandes aglomérations, surtout anglo-saxonnes. Londres, Los Angeles, Edmonton... Heureusement, ça semble
assez confiné. Mais il ne faudrait pas que ça fasse tache d'huile. Ces soi-disant sauveurs de l'humanité ont donc décidé de se lancer dans
une guerilla du jardinage. En gros, ils font des commandos la nuit pour planter des fleurs et autres plantes aromatiques.
Ces gens me font peur. Déjà, parce qu'ils assument une politique écologiste à la Walker, qui parlait de lutter contre l'effet de serre en plantant plus d'arbres. Ensuite, parce qu'ils prennent à
leur charge des taches qui devraient être effectuées par la communauté. Enfin parce que je suis sur qu'ils collent de la ciboulette et de la menthe dans leurs raids et ça, c'est juste pas possible.
On a déjà du mal à se débarasser du lobby des 5 fruits et légumes par jour, c'est pas pour avoir celui des herbes de provence sur le dos.
Je vous le dis, ces gens sont dangereux. Ils sont capables de tout. Et que va devenir l'éducation de nos enfants si on remplace les ronces autour des bacs à sable par des oeillets? C'est pas comme
ça qu'ils apprendront la vie. En plus, je ne suis même pas sûr qu'ils aient des revendications. C'est dommage, on pouvait leur prêter Ingrid Betancourt pour les calmer.
par cubik
publié dans :
Les riens des autres
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