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8 février 2007 4 08 /02 /février /2007 20:43
Vu qu'elle tient à ce qu'on se fasse une soirée déprime, allons-y. Comme si la note précédente suffisait déjà pas.

Alors imagine (oui, un peu comme chez elle). Imagine que demain ta femme, ta meilleure amie, ta mère, ta soeur, que sais-je encore, ta plus proche t'annonce sa mort. Tout proche, palpable, peut-être demain. Avec toute la conviction qu'elle peut avoir, sachant qu'elle a toute ta confiance. Et des médecins derrière elle pour te dire qu'ils voient pas d'autre issue. C'est déjà dur.

Mais tu encaisses. Et tu tiens, parce que tu sais qu'elle a besoin de toi. Que c'est maintenant ou jamais qu'il faut que tu sois le super-héros qu'elle croit que tu peux être. Et tu soutiens. Tu t'arqueboutes. Tu étayes comme tu peux. Probablement maladroitement, de façon un peu trop brut, mais tu y mets toute ta force. Y compris celle que tu ignores. Tu te dépasses pour la ressuciter avant même qu'elle ne succombe. Tu as la foi. Et comme en plus, tu sais qu'elle est ultra forte, tu te dis que ça passe.

Et pendant un temps, ça marche. Tu crois que tu arrives à recadrer les petits débordements, les déprimes passagères. Même les grosses. Tu la fais se souvenir de ses muscles de l'espoir qu'elle croyait avoir perdu. De son acharnement à enculer les statistiques. De ses performances face à la science. Et ce sans l'aide de personne. Et avec la tienne maintenant, tu te dis qu'elle est immortelle. Que tu mourras avant elle. Enfin, peut-être pas, mais qu'elle aura une vie, enfin normale après toutes ses épreuves.

Et puis viens la fatigue, l'épuisement. Pas les tiens évidement. Tu peux encore tenir des années. Tout ce qu'elle a toujours battu et qui font enfin brèche. A se demander si c'est pas ta faute finalement. Jusqu'ici, elle s'en sortait pourtant bien. Mais ta mission est là, être debout pour deux, quitte à porter. Et cette fois, ça ne fonctionne plus. Et tu lui en veux.

Oui, tu lui en veux. Un peu en tout cas.

Parce qu'elle réussit à te convaincre. Pas complètement, mais elle commence. Là où tu sais que tu dois être fort, elle te colle ses certitudes dans la gueule. Jusqu'ici, tu combattais ses doutes. Elle ne doute plus. Elle attend. Elle devient patiente. Tu n'es plus une partie de sa base. Elle ne s'appuie plus que sur sa conviction. Alors il faut aller encore au delà.

Barbara, je t'aime. Oh, je sais, on n'a pas envie de se faire des bisoux dans les fesses, mais je t'aime quand même. Je crois pas l'avoir dit plus de deux fois dans ma vie. Mais quand il faut, il faut. Et je sais plus quoi te dire d'autre pour essayer de convaincre ton vaisseau récalcitrant de te foutre la paix encore quelques années. Ou qu'au moins toi, t'y crois. Et si je le fais en public, c'est parce que je sais qu'il y aura d'autres gens pour y croire avec moi. Je crois pas en dieu. Mais j'ai foi en la volonté, individuelle et collective. Je sais que la tienne commence à faiblir. Et la mienne suffira sans doute pas. Alors si au moins, j'arrive à convaincre d'autres gens que tu peux encore une fois dépasser l'espoir de tes docs, je me dis que ça vaut peut-être le coup finalement, ta soirée déprime à la con.

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commentaires

auroress 12/02/2007 19:05

si je n'ai pas pleuré c'est que je savais que derrière ce tas de nutella et de mayonnaise se cachait un tit coeur sensible qui ne demandait qu'à s'exprimer. Il est à la fois malheureux et beau qu'il falle de telles circonstances...
Courage à vous.

mry 11/02/2007 13:25

...

Mélina Loupia 10/02/2007 10:39

On raconte que Dieu serait, ou aurait été l'opium du peuple, si c'est le cas, t'as forcément dû être suffisemment pote avec pour lui avoir piqué ses doses.

Nelly 09/02/2007 18:03

Tu sais que t'écris beau toi... et tu sais que cette folie là j'y crois... elle a réussi à te faire sortir de l'intérieur de toi comme t'osais pas le faire jusque là... ce pouvoir là il est plus fort que tout, si si je suis sure. J'espère que je suis sure.

Francis 09/02/2007 17:33

Putain, je chialais déjà hier, aujourd'hui on en remet une couche...
Merde.