Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 février 2007 4 08 /02 /février /2007 16:59

Barbara et moi, on a un lien. Une connexion. Ca s'explique pas. Enfin, on essaye quand même. Et pour l'instant, la seule explication probable, quoique pas très logique puisque je suis bien plus jeune qu'elle, c'est qu'on était siamois du ventre à la naissance. Je ne vois que ça.

 

En tout cas, via ce lien, on partage. Nos goûts gastronomiques d'abord. Oui, parfaitement, gastronomiques! Mais pas que. C'est plus fort que ça. Par moment, ça devient télépathique. On pense "patates!" en même temps à des milliers de kilomètres géographiques de distance (les kilomètres web étant nettement plus réduits). Elle sent aussi mon regard noir quand elle tend (par accident bien sur) la main vers un légume. Ca nous fait rire, mais par moment, c'est troublant. Et même par moment, j'ai l'impression d'y croire. Comme en ce moment, où je la sens dans mon ventre. Je n'ai pas faim, alors que je ne déprime pas spécialement en ce moment. Et je sais qu'elle ne mange pas. Je sens son angoisse. Ca me tire les boyaux. Ca remonte même un peu jusqu'à la tête, même si je sais que ce n'est qu'un écho lointain de ce qu'elle doit subir. Mais ce qui m'inquiète le plus, c'est que je ne sens pas la peur, la rage. Je ne sens que l'attente, l'angoisse et le renoncement. Et ça, ça me la colle bien la peur. Alors tout ce qu'il me reste, c'est d'espérer que le canal fonctionne dans les deux sens. Je me gave de frites, en espèrant que ça la nourrit un peu et que ça lui redonne un peu le goût des choses. Essayer de lui faire partager un peu d'envie, de faim. Un peu de force aussi.

 

Je ne sais pas si ça marche, j'ai un peu le bide en vrac en ce moment. En tout cas, si ça fonctionne dans les deux sens, je suis bien content de ne pas avoir eu de gastro à lui faire partager cette année. Et puis si les frites suffisent pas, ce soir, ce sera un suppo et au lit.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Angel 1 08/02/2007 20:16

Comment j't'aime, connard.