Mines de rien

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Mardi 8 avril 2008
Elle se réveille tôt. Elle a du mal à dormir. Toujours, ou presque. Il est trop tôt pour se lever. Mais que faire d'autre? Trainer l'ennuie. La grasse matinée ne présente d'intérêt que partagée, et elle est bien trop souvent seule, au moins mentalement. Commencer à laisser tourner les choses derrière les paupières, elle n'en a pas besoin. Alors elle se lève quand même.

Après un petit déjeuner laborieux, il ne reste plus qu'à. Soit aller au boulot, soit trainer encore un peu. Soit ne rien faire du tout. Et se laisser entrainer à réfléchir. Trop. Et il faudra bien nourrir le corps à un moment. Alors elle s'active. Elle bouge un peu. Elle va au bureau ou elle range un peu. En attendant que ça passe. En attendant midi. Elle mange sans faim. Les collègues racontent leurs vies qui ne l'intéressent pas. Ou la télévision lui fait la conversation à sens unique. Chercher quoi faire. Quelles directions prendre. Comment choisir. Souvent, elle pense à lui. A son absence, toujours trop longue ou pas assez, qu'il soit parti chercher le pain, ou qu'il quitte définitivement sa vie. Elle se demande s'il se pose autant de questions. Probablement pas. Alors elle se sent coupable de n'avoir pas plus d'assurance. Elle s'accuse du doute. Elle cherche à s'occuper un peu. Elle rentre ou n'a pas bougé, mais le canapé reste son refuge. Et elle redevient in-active. Tout tourne à l'intérieur pendant que le monde continue tout seul. La question maternelle la titille, que ce soit en réclamant le menu du soir ou en absence. Mais ce n'est qu'une question parmi d'autres. La ronde intérieure autour de soi ramène rapidement un autre sujet. En parler relacherait peut-être la pression, mais à qui? Accoster les gens est stupide, les laisser venir est dangereux. Chercher à sortir du cycle ne fait qu'apporter de nouvelles questions.

Alors elle pratique les Pixies en boucle, en patientant jusqu'au soir. Peut-être le sommeil réussira à soulager un peu les bleus. Si elle parvient à le laisser venir. Le roulement à bille neuronal ne s'arrête jamais. L'huile de soucis ne subit aucun frottement. Alors elle attend.


free music
par cubik publié dans : Les riens des autres
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Mardi 8 avril 2008
Mike est anglais. Forcément, ça ne donne pas vraiment envie d'en savoir plus. Mais au pays du vomi, comme dans tous les pays, on s'amuse, on pleure, on rit, et surtout, il y a des méchants et des gentils. Et Mike pourrait être l'un de ces derniers. Déjà, il est cuistot. Je sais, c'est plutôt effrayant dans ce pays là, mais je vais partir du postulat de départ que la gastronomie anglaise n'existe pas (en tout cas, pas sous ce terme) et qu'il fait du vrai manger. Quelqu'un qui se bat pour éduquer un peuple donc. Et ce n'est pas facile, vu la gueule de ses clients. Mike est fort. C'est un warrior. Il te soulève d'une seule main et te débite un thon en 2 min chrono. Il tue les boeufs avec ses dents et te fais un steack haché rien qu'au tranchant de sa paume. Alors que tu as peur de ton thermomètre, il place des broches là où le soleil ne brille jamais, chez des bestiaux d'un demi quintal encore vivants (non, je ne parle pas de Maïté). Mike est sans doute un peu le Rambo de la cuisine.

Il aime bien son papa.

Et son popa, il est tout triste parce qu'il a récemment déménagé. Oh, c'était pour se rapprocher de la famille, mais du coup, il n'a plus personne pour l'accompagner au pub. Avant, il y avait bien son voisin, mais bizarrement, il a refusé de déménager en même temps. On ne peut vraiment pas compter sur ces anglais. Alors bon, Mike voit bien que son papa, ça l'ennuie d'aller boire seul. Comme il n'est pas encore totalement alcoolique, il aime bien avoir quelqu'un à qui discuter. Et même à 88 ans, il est trop timide pour aborder les gens. Alors Mike a passé une pitite annonce. Recherche un buveur de bière modéré pour parler ingénierie et golf avec un vieux monsieur gentil. Une sorte de nouvelle star du bar. Bien évidément, les consommations sont prises en charge par Mike et il rajoute même un pitit salaire de 7 livres de l'heure. Forcément, on sent venir les alcooliques qui vont essayer de faire durer le plaisir pour s'en mettre plein la lampe mais Mike fait bien les choses. Bientot, le casting commence. Il va y avoir du sport.


par cubik publié dans : Les riens des autres
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